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Scheer doit encore se défendre de faire de la désinformation

Émilie Bergeron

 - Agence QMI

«Ce n’est pas de la désinformation du tout», a-t-il lâché lorsque pressé de questions sur l’exactitude de son allégation, en marge d’un arrêt de campagne à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Si les troupes du premier ministre sortant Justin Trudeau forment un gouvernement de coalition avec les troupes de Jagmeet Singh, au lendemain de l’élection de lundi, M. Scheer fait valoir qu’ils devront payer pour les coûts de leurs ambitieuses promesses. Il affirme que ceux-ci pourraient très bien décider de hausser la taxe de vente pour disposer de nouvelles recettes à cet effet.

«Faire passer la TPS de 5 % à 7,5 % est une option, a évoqué le chef conservateur. S’ils n’ont pas l’intention d’augmenter la TPS, alors ils doivent expliquer quelle taxe ils vont hausser pour être en mesure de payer.»

Ni le Nouveau Parti démocratique (NPD) ni le Parti libéral du Canada (PLC) ne mentionnent dans leurs plateformes électorales vouloir aller chercher des revenus en augmentant la TPS. Il est par ailleurs loin d’être certain que les deux formations politiques vont s’allier, dans l’optique d’un éventuel gouvernement minoritaire.

M. Singh s’est montré ouvert à faire équipe avec les libéraux, mais M. Trudeau a savamment évité de répondre à toute question sur le sujet, ces derniers jours.

Vendredi, le chef libéral a tout de même pris soin de qualifier les allégations de M. Scheer de «fausses». «Les conservateurs ne peuvent rien faire d’autre que d’inventer des choses parce qu’ils n’ont rien à offrir aux Canadiens, sauf des coupes», a-t-il lancé.

Le chef néo-démocrate a aussi démenti les propos du chef conservateur. «Je pense qu’il a peur, a réagi M. Singh. Peut-être qu’il pense lui-même à faire ça parce que nous, on a été clairs. On veut s’assurer que les plus riches paient leur juste part.»

Le chef bloquiste a pour sa part invité les conservateurs, de même que les autres partis, à «arrêter d’agiter des épouvantails».

«Peut-on plutôt proposer ce qui va être le mieux, le meilleur, le plus intéressant, le plus porteur, le plus écologique, le plus national, le plus respectueux de notre langue et de nos valeurs?» a-t-il demandé.

Rappelons que M. Scheer s’est fait accuser à plusieurs reprises durant la campagne électorale qui tire à sa fin de véhiculer des informations erronées.

Le chef conservateur a par exemple été forcé de se justifier sur le fait que son parti a diffusé des publicités en mandarin soutenant que les libéraux veulent légaliser les drogues dures.

Or, le PLC n’a jamais parlé de «légalisation», mais de décriminalisation de toutes les drogues. En avril 2018, les membres du parti réunis au congrès national ont avalisé l’idée de décriminaliser la possession de petites quantités de toutes drogues.

Le premier ministre sortant Justin Trudeau a toutefois fait savoir à plusieurs reprises qu’il n’était pas dans les plans d’aller de l’avant avec cette idée.

Les conservateurs soutiennent aussi que les libéraux ont «un plan secret» pour imposer une taxe de 50 % sur le gain en capital associé à la vente de résidences principales - allégation démentie par les libéraux.