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Geneviève Leclerc, une voix d’émotions

Samuel Pradier | Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Geneviève Leclerc a une voix en or. Elle l’a prouvé une fois de plus, samedi soir, lors de la première de son nouveau spectacle, «Celle que je suis», présenté à la cinquième salle de la Place des Arts. Carte de visite de son talent, la soirée lui a permis d’interpréter avec force, solidité et intensité des chansons d’horizons parfois très lointains, entrecoupés de moments souvent drôles.

C’est au milieu du public, sur un côté de la salle, que Geneviève Leclerc apparaît en ouverture, tout en chantant «I (Who Have Nothing)», avant de poursuivre avec une étonnante relecture de «Tue-moi», classique de Dan Bigras.

La chanteuse est allée puiser dans ses deux premiers albums pour trouver les chansons qui illustrent son univers musical.

Aucun monument de la chanson n’est à l’épreuve de Geneviève Leclerc, comme «Une histoire d’amour» ou «Parlez-moi de lui», et surtout pas les grandes chansons de comédie musicale. «Nature Boy» et bien entendu «Big Spender», de la comédie musicale «Sweet Charity», qu’elle avait chantée pour son audition à «La Voix», en 2016.

Dans les autres évidences, elle ne pouvait éviter «Je suis malade», dont son interprétation se rapproche du sublime et qui lui colle désormais à la peau.

Entourée de trois musiciens (piano, contrebasse et percussions) et d’une choriste, la chanteuse fait preuve d’une maitrise totale de son instrument. Elle a aussi l’intelligence de savoir quand elle doit reprendre une chanson dans sa version originale («Et maintenant») ou, au contraire, quand elle peut se permettre de la mettre à son image («J’attendrai»).

Parmi les moments forts de la soirée, on retiendra notamment sa version de «Nos joies quotidiennes», en hommage à son père, décédé l’an dernier, ainsi que son medley en réaction aux critiques qui la disent trop intense, réunissant notamment «Ça va bien», «Papaoutai» ou «Chante-la ta chanson».

À la mise en scène, Joël Legendre a fait un très beau travail d’habillage avec de simples petits détails, comme l’ouverture au tambour, les lumières suspendues au-dessus du piano, ou le tableau en hommage aux comédies musicales.

Mais avec une voix aussi puissante, remplie d’émotions et de générosité, la chanteuse n’a pas besoin d’artifices et de superflus pour briller et donner des frissons au public. Il lui faut seulement des bonnes chansons, bien écrites, avec de belles mélodies.

Après deux disques et deux spectacles à reprendre des classiques de grands interprètes Geneviève Leclerc serait maintenant rendue à l’étrape de nous proposer ses propres classiques, afin de nous montrer ce qu’elle a dans le ventre et dans le coeur.