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Le syndicat qui a libéré une militante pour la campagne de QS ne le referait plus

Vincent Larin | Agence QMI

Capture d'écran

Le syndicat qui a libéré la grimpeuse du pont Jacques-Cartier pendant la dernière campagne électorale pour lui permettre de militer avec Québec solidaire admet qu’il ne le referait plus.

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«Si on me proposait le même genre d’arrangement à nouveau, ce n’est vraiment pas sûr qu’on l’accepterait», a indiqué le président du Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île (SEPÎ), Serafino Fabrizi.

En entrevue jeudi, Chantal Poulin, qui s’est fait connaître pour avoir escaladé la structure du pont Jacques-Cartier avec d’autres militants du groupe Extinction Rebellion, a révélé qu’elle avait été payée par son employeur (le SEPÎ) lors de la dernière élection provinciale. Elle était alors directrice de campagne pour le candidat de Québec solidaire (QS) dans Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, qui a finalement été élu.

Elle avait alors aussi reçu une compensation financière de 2500 $ de la part QS, qui a bel et bien été déclarée dans le rapport de dépense du parti.

Selon Serafino Fabrizi, il s’agit de la seule libération du genre à avoir été accordée par le SEPÎ à une employée en une décennie. Les heures travaillées pendant l’élection ont été reprises par l’enseignante lors de l’été précédent la campagne et au courant de la dernière période estivale.

Chantal Poulin a aussi affirmé qu’elle avait demandé un avis juridique à un cabinet d’avocat et au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour confirmer que son double emploi pendant la campagne respectait les lois électorales.

Mais une porte-parole du DGEQ a confirmé qu'il n'avait jamais transmis d’avis officiel à Chantal Poulin. «Nous ne donnons pas d’avis aux particuliers», a précisé Julie St-Arnaud Drolet.

Le SEPÎ a publié un communiqué jeudi pour annoncer qu’il «utilisera tous les outils juridiques et administratifs à sa disposition pour assurer la défense du lien d’emploi de ses deux membres impliqués dans l’incident du pont Jacques-Cartier». Le syndicat considère malgré tout qu’il ne «pouvait cautionner un tel geste de désobéissance civile».

Chantal Poulin a démissionné de son poste de troisième vice-présidente du SEPÎ le 11 octobre dernier, mais reste à l’emploi de la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île (CSPI). Yann Robitaille est l’autre employé de la CSPI qui a pris par part à l’action de visibilité sur le pont Jacques-Cartier.

La Fédération autonome de l’enseignement, à laquelle le SEPÎ est affilié, n’a pas souhaité commenter l’affaire. «Par respect pour l’autonomie locale, l’un des principes fondateurs de notre Fédération, la FAE rappelle qu’il s’agit d’une décision locale qui relève du SEPλ, a indiqué une porte-parole, Marie-Josée Nantel.

- Avec la collaboration de Jean-François Gibeault, Bureau d’enquête et Alain Laforest, TVA Nouvelles

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