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«Lucy in the Sky»: décollage hasardeux, atterrissage raté

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Capture bande-annonce

Film avec Natalie Portman et Jon Hamm, «Lucy in the Sky» n’est malheureusement pas à la hauteur de ses ambitions.

Le scénario de Brian C. Brown et Elliott DiGuiseppi, retouché ensuite par le réalisateur Noah Hawley, s’inspire de l’histoire de Lisa Nowak, cette astronaute de la NASA devenue célèbre lorsqu’elle a traversé les États-Unis en portant une couche afin d’aller confronter son amant en Floride. «Lucy in the Sky» ne reprend pas la vie de Nowak, mais tente de donner un éclairage sur la situation particulière de cette femme.

Le choix de Natalie Portman - qui avait su convaincre dans «Le cygne noir» au point de remporter l’Oscar - s’avère judicieux jusqu’à un certain point. Elle a l’amplitude de jeu pour s’attaquer à un personnage complexe, la Lucy du titre ne parvenant pas à se réadapter à sa vie, somme toute ordinaire, en revenant d’une mission dans l’espace. Car, on le sait avec les témoignages des astronautes, de Neil Armstrong à Buzz Aldrin en passant par Michael Collins (dont la phrase sur la solitude est abondamment citée dans le long métrage), voir la Terre de l’espace est une expérience mystique, explorée récemment au cinéma tant dans le sous-estimé «Le premier homme» avec Ryan Gosling que dans l’excellent «Vers les étoiles» avec Brad Pitt.

Une fois les pieds de nouveau sur la terre ferme, Lucy n’a qu’une seule envie: retourner là-haut, retrouver le sentiment éprouvé en regardant la Terre. La réalité ne tarde pas à la rattraper, qu’il s’agisse de son mari Drew (Dan Stevens), de son amant Mark Goodwin (Jon Hamm) ou de sa grand-mère (Ellen Burstyn), lorsqu’elle réalise que tout ce qu’elle pensait important ne l’est pas vraiment.

La première heure de «Lucy in the Sky» s’avère intéressante. Descriptive et analytique, celle-ci permet de saisir les complexités et les nuances d’un personnage profond auquel il est possible de s’identifier. La seconde partie du long métrage de 124 minutes n’offre pas la même satisfaction. Plus Lucy perd les pédales, moins le spectateur y croit. L’accent du Sud de Natalie Portman devient caricatural, de même que sa démarche, ses actions et ses réactions. La protagoniste sombre alors dans le cliché de l’hystérique qui ne cherche qu’à se venger de son amant, un atterrissage catastrophe qui laisse sur sa faim.

Note: 2,5 sur 5

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