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«Lucy in the Sky»: quand Natalie Portman perd la tête...

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Qu’arrive-t-il à une astronaute de retour sur Terre? Comment appréhende-t-elle la réalité? C’est le sujet de «Lucy in the Sky», drame psychologique avec Natalie Portman et Jon Hamm, aussi premier long métrage de Noah Hawley, connu pour avoir créé les séries télé «Fargo» et «Legion».

En 2007, Lisa Nowak fait les manchettes dans la «vraie vie». Cette employée de la NASA tente de kidnapper la petite amie de l’homme avec lequel elle a une aventure et traverse les États-Unis en portant une couche pour ne pas avoir à s'arrêter aux toilettes en chemin.

Très vaguement adapté de ce fait divers, «Lucy in the Sky» - la référence à la chanson des Beatles est voulue - s’interroge sur la signification de la vie. Car, lorsque l’astronaute Lucy Cola (Natalie Portman) revient sur Terre, elle est frappée par la vacuité de son existence. Elle a une aventure avec Mark Goodwin (Jon Hamm) et commence à perdre le sens des réalités.

«Ce qui m’intéressait dans ce film était le constat que derrière chaque gros titre de journal se cache des êtres humains avec leur dignité. Ils ont commis des erreurs, ils se sont trompés et ils ont même peut-être tout gâché et nous les réduisons à un gros titre. Quand je lis ces unes de magazines à potins, cela me fait réaliser qu’une partie de la population n’apprécie pas le fait que l’on réduise les autres à un gros titre sensationnaliste», a détaillé Noah Hawley lors de rencontres de presse à New York, en préparation à la sortie du film.

Plus qu’un cliché...

Pour Natalie Portman, le rôle de Lucy est significatif à plus d’un titre. «J’ai souvent l’impression que lorsqu’on présente une femme astronaute à l’écran, on lui donne un enfant sur Terre. Et c’est là toute l’étendue du drame, car le seul drame qu’une femme puisse avoir est de penser à son enfant pendant son absence. Le fait de montrer une femme dont le drame émotionnel est d'avoir une crise existentielle constituait quelque chose d’un peu radical et avait une signification importante pour moi.»

«Je pense que les personnages féminins sont souvent réduits à des descriptions composées d’un seul mot. Je pense que les gens parlent beaucoup de femmes fortes, de femmes ¨badass¨, de femmes dures, de victimes ou de méchantes. Alors qu’il y a presque un genre de films sur des hommes qui sont adorables, mais des bourreaux. Il y a tellement de personnages masculins qui ont des qualités contradictoires, ce qui, à mon avis, constitue le type de comportement le plus humain», a-t-elle ajouté.

Afin de se préparer à ce rôle, l’actrice a effectué des recherches sur la maladie mentale, bien qu’elle se défende qu’il s’agisse là du sujet principal.

«La maladie mentale n’est qu’un élément de son histoire et je pense que cela est vrai pour la plupart des comportements humains. Ce n’est pas aussi simple que de constater qu’il y a eu un traumatisme infantile et d’établir un lien avec un comportement à l’âge adulte. Il y a beaucoup de choses qui rentrent en jeu, comme la famille dans laquelle elle a grandi, le manque de sommeil, son retour de l’espace et le fait de voir la vie différemment, la discrimination et l’injustice qu’elle ressent dans son travail, un homme qui la traite mal, sa grand-mère qui est mourante.»

«Pour employer un terme spatial, chaque personne est une constellation unique de problèmes. Chacun d’entre nous est un point unique de spécificités et nos comportements sont le résultat de tous ces éléments complexes. La maladie mentale est l’un des éléments, mais pas le plus important.»

«Lucy in the Sky» a pris l’affiche vendredi.