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Un barbier réfugié coiffera gratuitement un lundi par mois

Alex Drouin - Le Journal de Montréal

Alex Drouin

Un généreux barbier réfugié du Rwanda coupera gratuitement les cheveux des personnes qui ne peuvent s’offrir ce luxe tous les derniers lundis du mois pendant un près d’un an pour redonner à sa communauté du Centre-du-Québec.

« Je voulais faire une différence dans les vies des autres », confie Thierry Cikulu qui est arrivé au Québec au printemps 2014.

L’homme de 31 ans a appris son métier dans son pays alors qu’il n’avait que 14 ans.

« La coiffure provient de mon côté artiste », explique-t-il tout sourire en parlant du métier qui le passionne tant.

Plus jeune, il regardait son frère aîné, Fadhili, pratiquer cet art capillaire et il se souvient qu’il était extrêmement sociable lorsqu’il travaillait. Une qualité que possède également le frangin qui maîtrise bien l’art des palabres.

Pour réaliser le projet qu’il avait en tête depuis près de trois ans, le barbier s’est associé à Centraide.

L’organisme remettra des bons à ceux qui seront admissibles pour se faire coiffer par le Québécois d’adoption et ils devront se présenter les derniers lundis du mois au salon Nouvelle vie de Victoriaville, là où travaille M. Cikulu.

Pendant près d’un an

Le projet intitulé « Lundis Look » débutera le 28 octobre et se terminera en septembre 2020.

« C’est un projet que je vais faire avec mon cœur et si mon exemple peut inspirer d’autres barbiers, tant mieux ! » souhaite-t-il.

Le Journal s’était déjà entretenu avec Thierry Cikulu en mars dernier quand son épouse, Emma Tuyishime, est décédée à Kigali quelques heures après avoir donné naissance à leur petite fille Chloé, née le 10e jour de ce mois.

Le coiffeur était retourné dans son pays pour assister à la naissance de sa fille et souhaitait, dans un avenir rapproché, ramener sa famille avec lui.

« Comme sa mère »

Malheureusement, la mère de 32 ans serait décédée à la suite d’une erreur médicale. Le médecin a averti le père que sa conjointe perdait beaucoup de sang et qu’il n’y avait aucune provision dans cet hôpital pour procéder à une transfusion.

Peu de temps après, il a été informé qu’elle n’était pas passée au travers.

« Avant la naissance de notre enfant, Emma me disait qu’elle voulait que notre enfant me ressemble, mais elle ressemble plutôt à sa mère », souffle-t-il avec les yeux pétillants.

Sa fille Chloé vit maintenant avec lui dans les Bois-Francs.