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Un colloque pour lever le voile sur l’aliénation parentale

Agence QMI | TVA Nouvelles

Pour la première fois au Québec, experts et parents ont participé samedi à un colloque sur l’aliénation parentale, un phénomène courant dans les familles où le père et la mère sont séparés, mais qui demeure mal connu.

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«L’aliénation parentale, c’est quand un enfant rejette un parent sans fondement valable et quand on va derrière, on s’aperçoit qu’un parent utilise toutes de sortes de comportement aliénant de manière multiple et répétée qui fait en sorte que l’enfant va rejeter l’autre parent», a résumé Caroline Paradis, fondatrice du Carrefour aliénation parentale Québec, à TVA Nouvelles.

Si les conséquences peuvent être graves pour les parents qui en sont l’objet, elles le sont aussi pour les enfants qui subissent la pression. Les études montrent que 70 % de ceux qui ont été aliénés durant leur jeunesse risquent de souffrir de dépression à l’âge adulte.

Sarah-Maude, victime d'aliénation parentale

«J’ai voulu m’enlever la vie. Je suis en thérapie en ce moment pour la consommation. Je ne me connais pas encore vraiment», a confié Sarah-Maude, 17 ans, qui ne parlait plus à sa mère parce sa grand-mère l’avait montée contre elle.

Sarah-Maude et sa mère sont aujourd’hui réconciliées, mais il n’y a pas si longtemps, elle voyait sa mère comme un «monstre».

«En 2016, [ma grand-mère] m’a dit "j’ai tellement peur pour ta sécurité, j’ai peur que ta mère te poignarde pendant une de vos chicanes"», s’est-elle souvenue.

Récemment, un enfant de 10 ans a fait parler de lui après avoir demandé lui-même à être pris en charge par la DPJ, tant la situation était insoutenable pour lui à la maison.

«Il y a des comportements beaucoup plus légers. Mais il ne faut pas penser que c’est seulement des comportements radicaux», a nuancé Caroline Paradis.

D’ailleurs, elle croit que c’est en décelant les symptômes tôt, avant qu’ils soient extrêmes, que le parent victime peut renverser la situation auprès de son enfant.

C’est donc dans l’objectif de trouver des solutions que le Carrefour aliénation parentale Québec organisait une journée d’ateliers et de conférences, samedi, à Longueuil. En tout, 250 personnes ont participé à l’événement, notamment des psychologues et des experts juridiques, mais aussi des jeunes qui ont vécu de l’aliénation parentale.

Depuis deux ans, le Carrefour aliénation parentale Québec a reçu plus de 1000 cris de détresse.