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Sa vie chamboulée après un violent traumatisme crânien

Catherine Bouchard - Le Journal de Montréal

CATHERINE BOUCHARD

Un avocat retraité de Québec mord dans la vie à pleines dents malgré de graves séquelles à la suite d’un traumatisme crânien sévère, moins de 3 ans après avoir frôlé la mort en ayant été happé violemment par une voiture.

Le 22 février 2017, la vie de Jacques Béchard a complètement chaviré. Alors avocat et président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec, l’homme s’est retrouvé dans un profond coma, sa vie fortement menacée.

Il a décidé de raconter son histoire, dans le cadre de la 16e édition de la Semaine provinciale dédiée au traumatisme craniocérébral, qui se tient jusqu’au 22 octobre prochain.

« J’allais voir ma fille, Katherine, qui a un condo sur René-Lévesque, en face de la colline Parlementaire », raconte M. Béchard. « Je suis allé chercher une pizza, poursuit-il. Ensuite, je me suis stationné devant son condo. En traversant la rue, avec la pizza dans les mains, une petite fille m’a frappé en plein milieu des deux voies. »

Il raconte que sa fille est descendue voir ce qui se passait, alertée par les véhicules de secours. « Elle a vu la pizza au sol et a dit au policier que j’étais son père ».

M. Béchard est resté dans le coma pendant trois semaines, et une période d’amnésie sévère qui a duré plus de 60 jours a suivi. Il indique que, sur l’échelle de Glasgow – un indicateur de conscience – il était à 3. « La majorité des gens à ce niveau meurent ».

Il s’accroche à la vie

Il a subi un grave traumatisme crânien qui a affecté sa mémoire et ses capacités de communication et de compréhension. L’accident a également failli lui coûter l’usage de ses jambes.

M. Béchard s’est accroché à la vie. Après avoir passé près d’un an à temps plein à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, il a retrouvé ses capacités de communication et de compréhension. L’homme, moqueur et farceur, a même découvert une nouvelle facette de sa personnalité. « Je suis plus porté à faire des farces. Avant, j’étais plus sérieux », lance-t-il, souriant.

Mais sa plus grande victoire, c’est celle d’avoir réussi à écrire un livre. « Je n’en reviens pas encore d’avoir été capable. Je l’ai écrit cinq ou six fois, je me répétais. J’étais découragé ».

Avec la supervision de son orthophoniste, Janick Bisson, il est parvenu à terminer son livre, Le pouvoir de l’espoir. Il y relate son histoire et y fait connaître le mal invisible que vivent les traumatisés crâniens. L’œuvre sera disponible en ligne d’ici la fin du mois d’octobre.