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Six choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur les élections

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

On ne vous apprendra rien en vous disant que des élections fédérales se tiennent lundi partout à travers le Canada. Voici quand même six détails méconnus qui pourraient changer votre journée.

1- Votre preuve de résidence peut être en ligne

Comme plusieurs personnes reçoivent maintenant leurs factures en ligne, il peut devenir difficile de trouver une preuve de résidence à amener le jour du vote. Élections Canada a prévu le coup: vous pouvez maintenant montrer ces documents, par exemple une facture d’électricité ou une lettre d’admission à l’université, directement sur votre téléphone cellulaire. Pratique!

Petit rappel: pour être autorisé à voter, vous devez être inscrit sur la liste électorale et avoir avec vous soit une preuve de résidence avec photo (par exemple un permis de conduire), ou la combinaison d’une preuve de résidence écrite et d’une carte avec photo (par exemple une facture d’électricité et une carte d’assurance maladie).

En dernier recours, un proche inscrit sur la liste électorale dans votre circonscription peut vous identifier verbalement, à condition de prêter serment.

2- Vous pouvez aller voter en trottinette, à rabais

Lime profite des élections pour se faire un coup de pub en offrant lundi aux Montréalais un crédit de 5$ – soit une dizaine de minutes d’utilisation – au guidon d’une de ses trottinettes électriques en libre-service.

L’offre est valable lundi de 9 h à 21 h dans la métropole. Il faut télécharger l’application Lime sur son cellulaire pour avoir accès au service, et utiliser le code GOVOTEMTL lorsqu'on débloque la trottinette. À noter que les minutes supplémentaires sont facturées et que le port du casque est obligatoire sur ces trottinettes.

3- Un «selfie» pourrait vous coûter 5000$

Il peut être tentant de partager sur les réseaux sociaux une photo de soi en train d’accomplir son devoir de citoyen, accompagnée d’un mot-clic comme #VoteCanada.

Mais attention: il vaut mieux attendre d’être sorti de l’isoloir avant de se tirer le portrait, car il est illégal de diffuser une photo sur laquelle apparaît un bulletin de vote rempli, puisque cela contrevient au secret du vote.

Si on vous prend sur le fait, on vous demandera probablement de supprimer la photo. Si vous refusez, vous pourriez recevoir une amende de 5000 $.

4- Les employés seront peu flamboyants

Si vous remarquez que les employés d’Élection Canada présents à votre bureau de vote sont peu flamboyants, c’est probablement parce qu’on leur demande de faire très attention à ne pas influencer le vote.

Évidemment, ils ne peuvent pas vous recommander pour qui voter ou arborer le macaron d’un parti, mais ça va encore plus loin : ils ne peuvent pas porter de rouge, de bleu, d’orange ou de vert lors de la journée du vote, puisque ces couleurs sont associées trop directement aux partis électoraux.

Vous risquez donc de voir beaucoup de chemises blanches et de chandails noirs...

5- La circonscription la plus chaude de Montréal

Selon les projections du site Qc125, la circonscription où la lutte sera la plus serrée à Montréal est celle de Laurier–Sainte-Marie, qui englobe principalement l’est du Plateau-Mont-Royal et le Village gai.

Au cours des dernières semaines, le candidat libéral Steven Guilbeault, bien connu pour avoir été le cofondateur d’Équiterre, et la candidate du NPD Nimâ Machouf se sont échangé la tête. Or, la remontée du Bloc a été fulgurante dans cette circonscription, et son candidat Michel Duchesne a pris la tête il y a une dizaine de jours. Avec les marges d’erreur, ces trois candidats sont toujours dans la course, bien qu'une victoire de Machouf semble maintenant improbable.
 

6- Les bureaux doivent tous être accessibles

Les bureaux de vote doivent permettre aux personnes à mobilité réduite d'aller voter, et ce, avec dignité; Élections Canada est particulièrement attentive à ce chapitre depuis un jugement rendu en 2010.

Le Torontois James Peter Hughes a poursuivi l'organisation après avoir eu beaucoup de difficulté à aller voter dans une église pour une élection partielle, puis pour l'élection générale de 2008, alors qu'il se déplaçait avec une marchette. Après s'être buté à une porte d'entrée barrée, il avait été contraint de passer, de peine et de misère, par une autre entrée, et il a dû descendre une volée d'escaliers sur les fesses.

«Bien qu'on l'ait aidé à quitter le bureau de scrutin, il a été contraint de monter une rampe abrupte et de sortir par une lourde porte qui n'était pas munie d'un mécanisme d'ouverture automatique», reconnaît Élections Canada sur son site internet.

Le juge a ordonné à Élections Canada d'agir avec davantage de diligence pour s'assurer que tout le monde ait accès aux locaux de vote, en plus d'accorder la somme de 10 000 $ à M. Hughes en compensation.

Des procédures alternatives pour les personnes non voyantes, celles qui ne savent pas lire ou qui ne peuvent carrément pas sortir de chez elles sont aussi en place.

 

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