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Élections fédérales: les jeux sont faits

Agence QMI

À l’issue d’une campagne électorale de 40 jours, la remontée fulgurante du Bloc québécois a brouillé les cartes, si bien que la couleur du prochain gouvernement semble difficile à prévoir.

Au cours de la course, le chef bloquiste Yves-François Blanchet s’est fait le porte-voix du nationalisme québécois et des demandes du premier ministre François Legault, notamment en défendant la loi sur la laïcité de l’État du Québec.

La formation souverainiste qui semblait moribonde au Jour 1 de la campagne, termine en étant en tête des intentions de vote chez les francophones du Québec, selon un sondage Léger publié dimanche.

Arrivé à la tête du parti en janvier dernier, après une période tumultueuse sous la direction de Martine Ouellet, Yves-François Blanchet pourrait remporter son pari. À l’époque, il tablait sur l’élection d’une vingtaine de députés bloquistes.

Les sondages laissent entrevoir un contingent bloquiste de loin être supérieur à celui des élections de 2015 et même de 2011, lorsque la vague orange a déferlé sur le Québec, ce qui pourrait déboucher sur un gouvernement minoritaire à Ottawa.

Loi 21: «aux Québécois de choisir»

Si la laïcité a occupé une place prépondérante tout au long de la campagne, seul le chef du Bloc québécois s’est clairement posé en fervent défenseur de la loi 21, qui interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité coercitive et aux enseignants du réseau public.

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a d’abord laissé entendre qu’il n’interviendrait pas, «pour l’instant» dans la contestation judiciaire de cette loi, avant de finir par soutenir que le fédéral devait toujours garder une porte ouverte.

Sa sortie a eu un écho à Québec où le premier ministre François Legault a senti le besoin d’intervenir dans le débat pour demander aux chefs fédéraux de s’engager à ne pas appuyer la contestation.

«C’est aux Québécois de choisir, les Québécois ont choisi», a-t-il alors indiqué.

Le Parti conservateur a soutenu qu’il n’interviendrait pas, tout comme le Nouveau Parti démocratique, même si son chef Jagmeet Singh a dénoncé à plusieurs reprises la pièce législative. Il a aussi dit soutenir la contestation judiciaire en cour contre la loi du gouvernement Legault.

Lutte serrée du début à la fin

Selon les nombreux coups de sondes réalisés durant la campagne, les libéraux et les conservateurs sont restés au coude à coude dans les intentions de vote.

En plus de quelques couacs de campagne, Justin Trudeau a eu du mal à défendre son bilan. Surtout, son message, à savoir que les libéraux sont les seuls qui peuvent faire bloc contre les conservateurs d’Andrew Scheer qui, comme ceux de Stephen Harper, n’ont pas véritable plan de lutte contre les changements climatiques, ne semble pas avoir fait bouger les aiguilles des sondages.

De même, le discours de M. Scheer, qui a souvent martelé que son rival libéral n’était pas digne de diriger le pays, n’a pas non plus percolé dans l’esprit des Canadiens. Sa gestion du délicat dossier de l’avortement n’a sans doute pas aidé sa cause.

Lors du «Face-à-Face 2019» de TVA, le chef conservateur Andrew Scheer a refusé à plusieurs reprises de dire s’il était pour ou contre l’avortement avant d’admettre le lendemain en point de presse qu’il a toujours été «pro-vie».

De son côté, Jagmeet Singh semble avoir remonté la côte, grâce notamment à une bonne performance lors des débats en français et en anglais ainsi qu’à un ton rassembleur, mais son parti demeure loin derrière en troisième place selon les intentions de vote. S’il a grugé les voix des libéraux, le chef du NPD a plaidé, tout comme Elizabeth May du Parti vert, pour l’élection d’un gouvernement minoritaire.

Répartition au 11 septembre 2018

À la dissolution de la Chambre des communes, le Parti libéral y occupait 177 sièges, le Parti conservateur en possédait 95, le NPD avait 39 sièges, le Bloc québécois 10, le Parti vert deux, le Parti populaire détenait un siège tout comme la Fédération du Commonwealth coopératif, et huit députés indépendants y siégeaient également.

Lors des élections de 2015, les libéraux avaient fait élire 124 députés, les conservateurs, 99, les néo-démocrates, 44, les bloquistes 10 et les verts 1.

Le taux de participation aux élections fédérales de 2015 était de 68,3 %, en hausse comparativement à 2011 (61,1 %) et 2008 (58,8 %).