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Il reste un «petit» nombre de soldats américains en Syrie, dit Trump

Agence France-Presse

Donald Trump a annoncé lundi qu'il restait un «petit» nombre de soldats américains en Syrie, alors que les troupes quittaient le nord-est du pays comme prévu.

Le président des États-Unis a précisé que ces soldats se trouvaient dans «une partie totalement différente de la Syrie», près de la Jordanie et d'Israël, tandis que d'autres étaient déployés pour «protéger le pétrole», c'est-à-dire à proximité de l'Irak.

Washington avait annoncé le 13 octobre le retrait de Syrie d'un millier de militaires, à l'exception des quelque 150 soldats américains positionnés sur la petite garnison d'Al-Tanf, à la frontière avec la Jordanie.

Un premier retrait de soldats américains des abords de la frontière turque, dans le nord-est de la Syrie, avait ouvert la voie le 7 octobre à une offensive de la Turquie contre les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS).

«J'ai toujours dit, 'si on y va, gardons le pétrole'», a déclaré lundi Donald Trump à la Maison-Blanche. Les États-Unis pourraient «peut-être envoyer l'une de (leurs) grandes compagnies pétrolières pour le faire correctement», a-t-il suggéré.

Une idée vite rejetée par l'ancien envoyé spécial de la présidence américaine auprès de la coalition luttant contre le groupe Etat islamique (EI), Brett McGurk, qui a souligné que ce serait «illégal».

«Nous ne pouvons pas exploiter ces ressources pétrolières, à moins de devenir des contrebandiers», a indiqué l'ancien diplomate, qui a démissionné de ses fonctions en décembre 2018 lorsque M. Trump a pour la première fois évoqué un retrait de Syrie.

Le pétrole syrien appartient à une société pétrolière publique, «qu'on le veuille ou non», a rappelé M. McGurk.

«Cela ne veut pas dire que les FDS ne peuvent pas l'exploiter et en tirer des revenus, mais c'est de la contrebande», a-t-il ajouté.

Force résiduelle

Lors d'une visite à Kaboul lundi, le chef du Pentagone Mark Esper a aussi laissé entendre que les États-Unis pourraient laisser une force résiduelle en Syrie afin d'y sécuriser les champs de pétrole.

Le ministre de la Défense a déclaré que le retrait des forces américaines prendrait «des semaines, pas des jours», et que les troupes basées dans le nord-est syrien près des champs de pétrole ne seraient «pas concernées par la phase actuelle de retrait».

Il a ajouté qu'il lui reviendrait «en temps utile» de présenter au président américain différentes options concernant cette force.

Les principaux champs de pétrole syriens se trouvent dans la région de Deir Ezzor, non loin de la frontière irakienne, qui paraît encore contrôlée par les États-Unis, mais des champs de pétrole plus petits se trouvent dans le nord-est, près de la frontière turque.

M. Trump a estimé que le retrait américain de Syrie se déroulait «très bien» et démenti que les militaires américains soient obligés de se retirer à la hâte, détruisant les équipements qu'ils laissent derrière eux afin qu'ils ne tombent pas entre des mains hostiles.

«Jusqu'ici, aucun soldat américain n'a perdu une goutte de sang. Personne n'a été blessé, personne ne s'est coupé le doigt, rien», a-t-il affirmé.

«Nous avons aidé les Kurdes», a encore dit le locataire de la Maison-Blanche, alors que les critiques pleuvent au sein de la communauté internationale depuis l'annonce du retrait des troupes américaines.

«Ce ne sont pas des anges», a de nouveau dit à propos des Kurdes l'ancien homme d'affaire, qui a semblé vouloir semer le doute sur leurs capacités de combattants.

«Beaucoup de gens se battent bien quand ils se battent avec nous», a-t-il déclaré. «Vous savez, quand vous avez 10 milliards de dollars d'avions qui bombardent à 15 km de votre ligne de front, c'est beaucoup plus facile».

L'offensive d'Ankara contre les Kurdes est suspendue depuis jeudi par une trêve négociée par Washington, qui expirera mardi.

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