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Le Bloc renaît de ses cendres

Stéphane Waffo | Agence QMI

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet était en passe de remporter son pari lors de cette campagne électorale puisque la formation aura réussi à faire élire 32 députés, loin de l’objectif de 20 députés qu’il s’était fixé en janvier dernier.

En pourcentage de votes exprimés, le Bloc québécois avait environ 33,5 % lègerement derrière le Parti libéral du Canada (34,2 %), et devant le Parti conservateur (16 %). Le Nouveau Parti démocratique récoltait 10,7 %.

Entre autres, 35 libéraux ont été élus,tout comme 32 bloquistes, dix conservateurs et un néo-démocrate, selon les chiffres d’Élections Canada.

Fait à noter, le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, a perdu son pari en Beauce, étant défait par le conservateur Richard Lehoux. Il a d’ailleurs reconnu sa victoire, dans un discours, tout en déplorant «les attaques éhontées de ses adversaires».

«Les questions que nous avons soulevées durant cette campagne ne disparaîtront pas du jour au lendemain», a-t-il ajouté.

En revanche pour les autres chefs, le libéral Justin Trudeau a été réélu facilement dans Papineau tandis que le bloquiste Yves-François Blanchet a obtenu son siège dans Beloeil-Chambly.

Parti de loin

Alors qu’il n’avait fait élire que quatre députés en 2011 et 10 députés en 2015, le Bloc québécois dirigé par Yves-François Blanchet a triplé son contingent d’élus au Parlement. Les chiffres confirment les intentions de vote que mesuraient la plupart des maisons de sondage, au cours des dernières semaines.

Entre autres, c’est sa bonne performance lors du «Face-à-Face 2019» de TVA et des débats du consortium ainsi que sa campagne résolument nationaliste, qui selon plusieurs analystes, ont contribué à sortir le parti d’une certaine torpeur.

Face à cette remontrée du Bloc, le chef libéral Justin Trudeau a souvent brandi la menace d’un retour au pouvoir des conservateurs pendant la campagne, soutenant que seule son équipe pouvait éviter le retour de coupe dans les services publics, en plus d’avoir, selon lui, un véritable plan de lutte contre le changement climatique. Si la tendance se poursuit, il pourrait avoir limité la casse.

En 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient remporté 40 sièges sur les 78 de la province. Au début de la campagne, les stratèges libéraux pensaient faire mieux et lorgnaient notamment plusieurs circonscriptions détenues par le Nouveau Parti démocratique (NPD). Dirigé à l’époque par Thomas Mulcair, le NPD avait obtenu 16 sièges.

De ces sièges, deux étaient à surveiller lundi, à savoir Rosemont-La-Petite-Patrie, où le chef adjoint Alexandre Boulerice a finalement réussi à conserver son poste, tout comme à Berthier-Maskinongé où Ruth Ellen Brosseau, élue en 2011, était dans une lutte serrée face à son adversaire bloquiste.

À Montréal, le libéral Steven Guilbeault, environnementaliste et écologiste, qui affrontait la néo-démocrate Nimâ Machouf et le bloquiste Michel Duchesne a remporté son siège.

Quant aux verts, ils misaient beaucoup sur leur candidat vedette Pierre Nantel, élu en 2011 dans Longueuil-Saint-Hubert sous la bannière néo-démocrate et qui a fait le saut à l’aube de la campagne électorale.

Pour le remplacer, le NPD a déniché l’ancien chef du Parti vert du Québec Éric Ferland tandis que les libéraux ont misé sur l’ancien ministre péquiste de la Santé, Réjean Hébert.

C’est finalement le bloquiste Denis Trudel qui a gagné. En 2015, l’ancien membre des Zapartistes était arrivé en troisième place, récoltant 27 % des voix.