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Le phénomène des «rénovictions» fait polémique

TVA Nouvelles

Le mot valise «rénovictions» - rénovation et éviction – fait l’objet de plusieurs débats depuis que Québec solidaire a demandé au gouvernement Legault de tenir un moratoire pour contrer le phénomène qui consiste à «se débarrasser» de locataires pour effectuer des rénovations dans un immeuble dans le but d’augmenter le loyer.

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Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations des locataires, a expliqué à Dumont la volonté de Québec solidaire de vouloir resserrer la loi qui permet aux propriétaires d’évincer leurs locataires sous prétexte de rénovations.

«La plupart des "rénovictions" se déroulent en dehors du cadre légal. Ce sont des propriétaires qui vont faire des pressions sur les locataires ou parfois acheter carrément le départ des locataires contre quelque milliers de dollars», explique le porte-parole à Mario Dumont.

Ce phénomène permettrait ensuite au propriétaire de relouer son logement à un prix beaucoup plus élevé, ce qui a pour effet de précariser la situation de plusieurs locataires, selon plusieurs députés de Québec solidaire qui se sont exprimés lors d’une conférence de presse organisée hier.

«Absurde»

En entrevue à Dumont sur LCN, le directeur des affaires publiques de la Corporation des Propriétaires Immobiliers du Québec (CORPIQ), Hans Brouillette, trouve complètement absurde qu’on s’oppose aux rénovations sous prétexte qu’elles évincent des locataires.

«La solution ne peut pas être de tirer vers le bas en gardant les logements en mauvais état, quitte à garder un loyer bas» explique M. Brouillette.

Le message de la CORPIQ à cet effet est clair : «Maintenons les logements en mode locatif et permettons aux propriétaires de réinvestir et de rénover.»

«Aucunes mesures pour contrer la spéculation»

Le réel problème, selon Maxime Roy-Allard, est la spéculation immobilière qui ne facilite pas l’achat d’une propriété et qui augmente drastiquement les prix des loyers.

La solution, selon le porte-parole, serait d’«imposer des taxes aux investisseurs étrangers comme l’a fait la Colombie-Britannique pour contrer la spéculation immobilière, ou taxer la revente rapide et les unités vacances.»

D’après Hans Brouillette de la CORPIQ, il ne faut pas oublier que depuis l’année dernière, «les taxes augmentent deux fois plus vite que l’inflation».

«Ce ne sont pas des riches qui veulent s’accaparer tous les logements! Ce sont des gens qui ont besoin de se loger et qui veulent devenir propriétaires. On ne peut pas vouloir contrôler des prix si on ne peut pas contrôler les coûts», ajoute-t-il.

Pour Maxime Roy-Allard, qui défend la tenue d’un moratoire sur la question au Québec, il faut «retourner à la base».

« Il faut se demander si le logement doit être un bien privé ou une marchandise comme il l’est présentement. Se loger répond à un droit fondamental.» conclut le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations des locataires

Hans Brouillette ne croit pas que le gouvernement Legault donnera suite à la demande de Québec solidaire.