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L'exténuant travail de faire peur dans une maison de l'horreur

Louis-Philippe Messier | 24 h

COURTOISIE GGG

Une Blanche Neige punk métal, une Petite Sirène rouge aux dents effilées, un Pinocchio démoniaque et une Cruella directrice d’abattoir font partie des personnages de conte revisités et grotesquement pervertis par le théâtre immersif Malefycia, qui est de retour encore cette année.

Installée le temps de l’Halloween dans l’ancien Drugstore au cœur du Village gai, cette maison de l'horreur plonge ses clients dans une vingtaine de scénarios cauchemardesques répartis le long d’un labyrinthe.

En reprenant de 50 à 200 fois par nuit leurs numéros, la plupart des acteurs hurlent et se démènent jusqu’à la limite de leurs forces.

Chez Malefycia, chaque microreprésentation dure environ trois minutes, et la soirée peut s’étirer de 18 h à 1 h.

«Ça permet d’exorciser ses vieux démons!» commente Dominique Arganese, la co-conceptrice de l’événement, lorsqu’on lui parle de l’aspect incroyablement répétitif, quasiment autohypnotique, du travail de faire peur.

Intense

La salle de maquillage bourdonnait d’activité lorsque le journal «24 heures» a interrogé quelques marathoniens de l’horreur.

«Ça donne de l’adrénaline, faire peur au monde, mais ça prend un mental d’acier», explique Mathieu Laroche, un vétéran de Malefycia qui joue Pinocchio cette année.

«J’essaie de prendre chaque visiteur à part pour le faire frissonner d’une manière qu’il n’oubliera jamais, c’est un défi que je me donne à chaque prise», poursuit-il.

«J’ai du mal à sortir de mon rôle une fois la soirée terminée!» avoue Matthieu Girard, qui incarne une des affreuses sœurs de Cendrillon.

Difficile

La «petite sirène» Mylène Lefebvre-Lavallée a eu un début de saison particulièrement éprouvant. «Je baignais nue dans une sorte de glu toute la soirée pendant la première représentation, j’avais super froid !», se souvient-elle.

Pour lui éviter de claquer des dents, la mise en scène l’a depuis retirée de sa baignoire.

Munie d’une queue de poisson en guise de seul vêtement, Mme Lefebvre-Lavallée exécute une chorégraphie sur une chanson en boucle probablement 200 fois par nuit.

«On se demande si on va tenir le coup et, à force de refaire le numéro, on a un regain d’énergie nerveuse qui nous rend encore plus terrifiants», dit Alexandra Cohen, une actrice professionnelle qui revêt les habits de Cruella.

«À une heure du matin, quand c’est fini, la bière est bonne, dit "Pinocchio". Mais on va vite au lit parce que ça recommence le lendemain.»

Au moment de publier cet article, les acteurs se remettront dans la peau de leur personnage encore des centaines de fois. Ils travailleront à nouveau la fin de semaine prochaine, les 25, 26 et 27 octobre, ainsi que le 1er et le 2 novembre.

Avertissement

Malefycia s’adresse aux 18 ans et plus et dépeint une galerie d’atrocités physiques et morales.

Âmes et cœurs sensibles s’abstenir.

Si la perspective de se faire asperger de matière visqueuse ou de respirer des odeurs nauséabondes ne vous dissuade pas, sachez que les billets se vendent à partir de 55 $ et que l’expérience dure environ 75 minutes.

Pour plus d'information: Malefycia.ca.