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Meurtre prémédité: une peine plus clémente exigée pour Maxime Labrecque

Magalie Lapointe | Le Journal de Montréal

PHOTO CHANTAL POIRIER

Les avocats d’un homme condamné à la perpétuité samedi pour le meurtre prémédité de son ex-conjointe veulent tenter une requête exceptionnelle pour ramener sa peine minimale de 25 ans à 15 ans.

Quelques secondes après que le juge de la Cour supérieure du Québec Michel Pennou eut déclaré Maxime Labrecque coupable de meurtre au 1er degré, l’un des avocats du meurtrier s’est levé.

«M. Labrecque fait face à une peine d’incarcération de 25 ans. J’ai l’intention de vous présenter une requête», s’est-il empressé d’annoncer au Tribunal.

Coupable

Après quatre jours de délibérations, le jury avait tranché et conclu que Labrecque avait prémédité le meurtre de son ex-conjointe Isabelle Lavoie, en septembre 2016 à Saint-Hyacinthe.

Du coup, l’homme de 37 ans ne pourra pas demander une libération conditionnelle avant d’avoir purgé un minimum de 25 ans dans un pénitencier.

Or, la défense souhaiterait plutôt que M. Labrecque écope d’une peine de 25 ans, avec possibilité de libération conditionnelle après 15 ans de détention.

C’était le cas avant 2011, soit l’année que le gouvernement Harper a aboli la «clause de la dernière chance».

Cette disposition permettait un réexamen du dossier du détenu au bout de 15 ans.

«En réalité, ce qui va être plaidé, c’est que le 25 ans minimum est excessif», a expliqué l’un des deux avocats de Maxime Labrecque, Martin Latour.

Amnésie

Lors de sa plaidoirie, ce dernier avait insisté sur plusieurs points dont : la colère de Labrecque, son amnésie quant au meurtre, et sa tentative de suicide.

«Ce sont des gestes d’une impulsivité extrême», avait-il illustré, en évoquant la trentaine de coups de couteaux infligés à la victime.

«S’il est maintenant impossible de réduire à 15 ans, est-il contraire à la Charte de garder détenu, 10 ans de plus, un individu réhabilité», c’est la question posée par les criminalistes, soumise au juge et pour laquelle les avocats font une requête.

Selon nos sources, cette requête n’a toutefois jamais été gagnée au Québec dans des cas de meurtre au premier degré.

N’ayant pas lu la requête des avocats de la défense, la juge à la retraite Nicole Gibeault a préféré demeurer prudente dans ses commentaires.

Du jamais-vu

Toutefois, elle assure avoir vu à quelques reprises cette requête pour d’autres accusations, mais pas dans un cas de meurtre au premier degré.

Pour elle, les avocats de la défense n’ont absolument rien à perdre à présenter une telle requête.

«C’est sûr qu’il y a une réflexion, mais il a quoi à perdre s’il soulève des points de droit?» demande-t-elle.

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