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Anthony Kavanagh a failli succomber aux complications de l’apnée du sommeil

Vincent Larin | Agence QMI

L’humoriste Anthony Kavanagh a livré un vibrant plaidoyer mardi à l'Assemblée nationale pour demander le remboursement des appareils permettant de traiter l’apnée du sommeil, une maladie dont il souffre et qui lui a presque coûté la vie.

«Mon médecin, quand j'ai été diagnostiqué, m'a dit "je ne sais même pas comment vous faites pour fonctionner, pour tenir debout, pour faire vos spectacles"», a révélé celui qui est aussi porte-parole de l’Association pulmonaire du Québec.

Anthony Kavanagh a confié avoir perdu son père en raison de maladies développées ou aggravées par ce symptôme, aussi connu sous le nom d’apnée pulmonaire, et dont il est lui-même atteint.

À deux reprises, ces mêmes maladies ont failli lui coûter la vie, a-t-il déclaré. Ce fut notamment le cas lors d’une tournée de spectacle en Nouvelle-Calédonie en 2017, où il a souffert d’une embolie pulmonaire, suivie d’un infarctus.

«J'ai dû attendre trois semaines avant de revenir près des miens. Conséquemment, j'ai raté Noël et le temps des Fêtes avec ma famille», a dit Anthony Kavanagh.

«L'apnée pulmonaire détruit la vie de bien des gens avant qu'elle ne soit détectée. Ça a pris 20 ans pour moi et ça a laissé bien des cicatrices», a ajouté l’humoriste.

Au Québec, une personne sur dix aurait dû recevoir un diagnostic d'apnée, soit plus de 800 000 personnes, a expliqué, à ses côtés, la directrice générale de l’Association pulmonaire du Québec, Dominique Massie.

«Les personnes qui [en] souffrent éprouvent généralement de la somnolence excessive durant la journée et l'autre moitié d'entre elles sont déprimées. C'est sans compter le risque d'accident de la route», a-t-elle indiqué.

La liste de maladies qui peuvent être développées ou aggravées en raison de l’apnée du sommeil est longue et comprend notamment l'hypertension artérielle, l'infarctus du myocarde, le diabète de type 2 et l’obésité, a expliqué Dominique Massie.

Son association, avec l’appui du député du Parti québécois Sylvain Gaudreault, demande au gouvernement de rembourser les personnes qui se font prescrire un appareil pour traiter l’apnée du sommeil. Celui-ci peut coûter plus de 1000 $.

«Pour la plupart des gens qui ont des problèmes d'apnée du sommeil et qui doivent avoir ce type d'appareil, il n'y a pas de remboursement. Plusieurs d'entre eux n'ont pas d'assurance, et même chez ceux qui ont une assurance, certaines assurances ne couvrent pas l'appareil ou couvrent en partie seulement l'appareil», a indiqué le député de Jonquière.

En fin de journée, mardi, le gouvernement Legault a appuyé sa motion demandant d’élargir «dans les plus brefs délais» la couverture publique de la Régie de l’assurance maladie du Québec aux appareils permettant de traiter l’apnée du sommeil.