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Des proches de Samantha Higgins toujours dévastés 4 ans plus tard

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

Les proches d’une jeune mère tuée et dépecée par son fiancé sont toujours inconsolables quatre ans plus tard, bien qu’ils espèrent pouvoir commencer à tourner la page une fois que le meurtrier écopera de la prison à vie.

« Personne ne peut comprendre la douleur d’une mère qui a perdu sa fille ; quand la mienne a été tuée, je suis morte moi aussi », a lancé en larmes Vanessa Higgins, ce mardi au palais de justice de Montréal.

En larmes et tremblante, Mme Higgins n’a pas tari d’éloges envers sa fille Samantha, qu’elle a décrite comme un « pilier de la famille » et une « protectrice ».

Sauf que la vie de Mme Higgins a basculé en juillet 2015, quand sa fille de 22 ans a sauvagement été tuée par Nicholas Fontanelli, vraisemblablement lors d’une dispute. Samantha Higgins, qui avait récemment accouché de leur deuxième bébé, revenait d’une soirée chez une amie à ville LaSalle.

« Le pathologiste judiciaire est d’avis que des lésions ont probablement été infligées pendant que la victime était inconsciente ou agonisante », indique le document de cour.

Un «monstre»

Le meurtrier de 26 ans a ensuite dépecé le corps de sa fiancée, avant de disperser des parties du cadavre en Montérégie. Dès le lendemain, il accompagnait sa belle-famille à la police pour signaler la disparition de sa victime, et il avait même donné une entrevue où, larmoyant, il disait espérer le retour de son amoureuse.

« J’ai été trahie par quelqu’un que je respectais et que j’aimais », a témoigné ce mardi la marraine de la victime, en lien avec la comédie qu’avait joué Fontanelli auprès des proches.

Une sœur de Samantha Higgins a pour sa part qualifié le meurtrier de « monstre » qui a commis un crime que « personne ne mérite, même pas lui », et qu’il lui faudra encore du temps pour s’en remettre.

« En perdant Samantha, j’ai perdu une partie de moi-même, je serais prête à tout pour revenir en arrière, elle me manque tellement », a pour sa part lancé une autre sœur de la victime.

Brèves excuses

Assis dans le box des accusés, Fontanelli a attentivement écouté les témoignages sans broncher. Il s’est ensuite brièvement adressé à la cour afin de s’excuser pour son crime.

« Je suis vraiment désolé, j’ai de profonds regrets, j’aurais voulu que ça n’arrive jamais », a-t-il simplement dit.

Ces maigres excuses ne lui feront toutefois pas éviter la prison à vie, puisqu’il a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré et d’outrage à un cadavre.

La seule question que le juge a à se poser est la période d’inéligibilité à une libération conditionnelle. Et tant le procureur de la Couronne Louis Bouthillier que l’avocat de la défense Marc Labelle ont suggéré une période de 17 ans.

Le juge James Brunton devrait rendre sa décision plus tard aujourd’hui.

« Votre deuil dure depuis beaucoup trop longtemps, j’espère que la fin du processus judiciaire vous permettra de tourner la page et d’entamer votre processus de guérison », a d’ailleurs mentionné le magistrat en s’adressant aux nombreux proches de Samantha Higgins présents dans la salle d’audience.