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Korine Côté: «gros plan» sur son talent

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Ben Pelosse / JdeM

Korine Côté passe haut la main le test du deuxième spectacle solo. Le succès de sa première carte de visite, «Mon show», ne relevait pas seulement d’une quelconque bonne étoile; l’humoriste confirme son talent dans «Gros plan», qu’elle dévoilait en première montréalaise devant un public hilare, mardi.

Elle est entrée sur la scène du Monument-National au son de «Corinne», des Trois Accords, mélodie aussi réjouissante que le contenu que Korine avec un K s’apprêtait à nous proposer. Aussitôt, on a retrouvé le sens de l’observation hors pair de la jeune femme, ses comparaisons rigolotes, son imagination et son gentil cynisme.

Plus «fille d’à côté» que flamboyante - gaminet et pantalon tout simples l’habillaient à sa première médiatique, en 2019 comme en 2015 - Korine doit les rires qu’elle récolte à sa formule comique, qu’elle manie diablement bien, sans grossièretés ni lieux communs.

Nouvelle maman

Dans sa première tournée, Korine Côté posait sa loupe sur les microéléments de notre société qui attiraient son attention: les employés de Tim Hortons, «Les anges de la rénovation», les petites annonces, les émissions de cuisine.

Dans «Gros plan», elle poursuit son œuvre avec brio, en creusant des sillons un peu plus personnels.

Évidemment, son garçon de neuf mois, Henri, qu’elle a «mis bas cette année», dit-elle, la nourrit d’idées. On a entendu beaucoup de points de vue masculins sur la découverte de la parentalité en humour dans les derniers mois (Martin Vachon, Philippe Bond, Guillaume Wagner); inévitablement différente, la perspective de maman de Korine Côté n’en est que plus délicieuse, et elle s’avère particulièrement inspirée.

Il faut l’entendre imager sa grossesse, énumérer les prénoms que fiston aurait pu porter (de Mohammed à Ricky Dee Deux), raconter comment habiller un chérubin s’apparente à dorloter un Ficello fondu, et relater comment son plancher pelvien est devenu un plancher flottant après son accouchement pour constater que Korine est en grande forme. La douce leçon qu’elle sert aux nouveaux parents trop plaintifs, d’entrée de jeu, est savoureuse.

De son propre bagage, l’artiste effleure également sa plus récente expérience de vomissement, un fait rare dans sa vie («T’as déjà vu une borne-fontaine ouverte à son plein potentiel? On dirait que je deviens réversible!»), de même que son enfance dans une résidence pour personnes âgées. «C’est pas tout le monde qui boit du jus de pruneaux à des fins récréatives», a-t-elle remarqué assez tôt dans son existence.

Sinon, les traits d’esprit de Korine pointent la pilule du lendemain, le diaphragme (qu’elle compare au «gros déficient» de la «gang» des contraceptifs), la discrimination envers les personnes minces, la haine sur les réseaux sociaux («T’es-tu fait confisquer ton Bescherelle par le médecin qui a oublié de te donner de l’air à la naissance?», lance-t-elle aux plus méchants), le manque d’empathie, les téléréalités ou les ronflements de son copain, qu’elle estime démesurés.

Korine Côté présentera «Gros plan» en tournée au Québec dans la prochaine année.