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Le système de protection de la jeunesse est «malade» et «désuet»

TVA Nouvelles

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a donné le ton en qualifiant de «malade» et de «désuet» notre système de protection de la jeunesse.

Au premier jour des audiences, Régine Laurent a affirmé que cette situation était désolante et qu’on a failli à notre principale responsabilité de protéger les enfants les plus vulnérables.

S’adressant à la petite fille martyre de Granby décédée tragiquement en avril dernier, la présidente est devenue particulièrement émotive.

Selon elle, il s’agissait d’un véritable électrochoc pour la société. Elle lui a même donné un prénom d’origine haïtienne.

«Ma chérie, je le fais pour toi, pour que tes malheurs ne restent pas vains, pour que ton histoire change les choses, pour qu'on ne t'oublie jamais! Tilili, tu aurais eu 8 ans», a-t-elle dit.

«On va retourner toutes les pierres du système pour rattraper ce qu’on a échappé», a assuré Mme Laurent.

Agir sans attendre

Cette dernière a l'appui du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux. «Il faut s'attendre à ce que Mme Laurent et les commissaires ne laissent aucune pierre non tournée pour s'assurer que tous les enfants soient pris en charge [...]. Je pense qu'il faut également qu'ils regardent la loi dans le contexte de la société d'aujourd'hui. Est-ce qu'il y a des choses à changer?», a commenté Lionel Carmant en point de presse à Québec.

«D'ailleurs, je réitère que, s'il y a des changements urgents à faire avant la fin de la commission, ma porte est ouverte pour recevoir leurs commentaires», a-t-il poursuivi.

M. Carmant a rappelé que son gouvernement a déjà investi pour tenter de solidifier le réseau des DPJ avec l'embauche de 300 intervenants depuis septembre, soit la moitié de l'objectif fixé par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Premiers témoignages

Les premiers témoins de la commission ont été entendus mardi. Il s’agit de membres d’un groupe de jeunes qui ont été placés sous la projection du département de la jeunesse, Étude sur le devenir des jeunes placés (EDJEP).

Il y a eu des récits plus heureux, mais surtout des histoires dures. Certains ont parlé de maltraitance, d’abus sexuels et physiques.

Les membres du groupe ont proposé des pistes de solution à la commission, notamment d’écouter les jeunes.

«À 11 ans, je peux vous dire que j’étais en parfaite conscience que je devais être avec mon frère et ma sœur. On aurait dû m’écouter, m’appeler par mon prénom et non pas mon numéro de dossier», a affirmé Marcelle Partouche Gutierez demandant à ce que le système soit moins rigide.

Les audiences se tiendront à Montréal, Québec et Sept-Îles. Une commission itinérante suivra plus tard.

Les personnes souhaitant déposer un mémoire peuvent le faire jusqu’au 12 décembre.

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