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Les conservateurs gardent leur majorité à Québec

Jean-Luc Lavallée | Le Journal de Québec

Dominants dans la grande région de Québec, il y a quatre ans, les conservateurs ont tenu le coup en faisant réélire, hier soir, la grande majorité de leurs députés, mais ils ont perdu quelques plumes au profit du Bloc québécois.

Les conservateurs ont balayé rapidement la Rive-Sud de Québec et ont même délogé Maxime Bernier de son fief en Beauce. Sur la Rive-Nord, la soirée a été un peu plus ardue dans certains comtés, particulièrement pour la députée sortante de Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix, Sylvie Boucher, défaite par la bloquiste Caroline Desbiens.

D’autres vedettes conservatrices locales, comme Gérard Deltell, n’ont eu aucune difficulté à se faire réélire. Les dizaines de militants réunis à l’Hôtel Plaza de Sainte-Foy ont pu se réjouir à plusieurs reprises de la réélection de Joël Godin ou encore de Pierre-Paul Hus. Ils étaient cependant consternés lors de l’annonce d’un gouvernement libéral minoritaire par le réseau TVA, à 22h01.

« La grande région de Québec demeure conservatrice, mais là, on voit que Justin Trudeau demeure au pouvoir, mais minoritaire, donc on va être en mesure de continuer à tenir les cordons serrés pour s’assurer que Justin Trudeau réponde de ses actes pour l’économie canadienne », a réagi M. Paul-Hus, réélu dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, à la fois heureux de sa propre victoire, mais déçu de se retrouver à nouveau dans les banquettes de l’opposition.

Largement en tête en 2015 dans la grande région de Québec, les conservateurs avaient beaucoup à perdre puisqu’ils avaient raflé 10 sièges sur 12 il y a quatre ans. Malgré la défection de Maxime Bernier, qui a fondé son propre parti, ils détenaient encore les trois quarts des sièges sur la Rive-Nord et la Rive-Sud de Québec. Au final, ils se retrouvent aujourd’hui avec huit sièges, un seul en moins.

Non seulement espéraient-ils conserver leurs acquis, mais ils croyaient dur comme fer qu’ils pourraient faire des gains en arrachant aux libéraux leurs deux comtés. « Tous les espoirs sont permis », avait dit M. Paul-Hus en début de soirée. « La région de Québec a été bien servie dans les 10 années du gouvernement Harper, et je crois que les gens comprennent que c’est encore la meilleure chose à faire », avait-il ajouté, quelques minutes avant la fermeture des bureaux de vote.

Le bilan des libéraux attaqué

En début de campagne, les membres du caucus conservateur régional avaient attaqué le bilan des deux seuls députés libéraux du coin — Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound — dénonçant leur « inefficacité crasse » dans le dossier du pont de Québec.

Les conservateurs ont également surfé sur leur promesse de financer en partie le projet de 3e lien, rappelant qu’ils étaient les seuls, au fédéral, à promettre d’injecter des fonds pour ce projet. L’enjeu de l’avortement a « nui quelques jours à notre campagne », a reconnu M. Paul-Hus, mais la population a « compris », selon lui, qu’Andrew Scheer n’avait nullement envie de rouvrir ce débat.