/finance/homepage

Les producteurs de lait de chèvre craintifs face à l'avenir

Agence QMI

La décision d'Agropur de cesser d'acheter du lait de chèvre au Québec déçoit les acteurs de l'industrie et va jusqu'à mettre en péril la pérennité de certaines fermes, estime le président des Producteurs de lait de chèvre du Québec, Christian Dubé.

Lundi, la coopérative laitière Agropur a annoncé qu'après un an de discussions, elle mettrait bel et bien un terme à ses achats de lait de chèvre à la fin de l'année et fermerait son usine de Saint-Damase, en Montérégie, en mars prochain.

Cette décision a secoué le milieu, l'entreprise achetant historiquement environ 25 % du volume de lait de chèvre produit au Québec. Interrogé mardi à savoir s'il craint que des producteurs soient contraints de fermer leur entreprise, Christian Dubé a affirmé, en entrevue avec l'Agence QMI, qu'il «pense qu'il y en a qui vont le faire. Il y en a déjà qui l'on fait au cours de la dernière année.»

«La dernière année a été très démoralisante, à cause de l'incertitude», a souligné M. Dubé, qui s'est dit «déçu» de voir la coopérative tirer un trait sur sa filière de produits à base de lait de chèvre. Selon lui, les producteurs avaient grand espoir de voir Agropur revenir sur sa décision initiale, au point même où des éleveurs avaient réalisé des investissements dans leurs installations.

Agropur a justifié la fin des activités à son usine de Saint-Damase en évoquant un manque de viabilité.

L'industrie caprine compte présentement quelque 55 producteurs au Québec. Du nombre, environ la moitié ont un contrat avec Agropur, estime Christian Dubé, qui précise que certains éleveurs vont jusqu'à écouler 100 % de leur lait de chèvre à la coopérative.

Alternatives

Quelques producteurs, et «pas des moindres», n'ont toutefois pas couru de chance. Ils exportent désormais leur production au Vermont, ce qui a pour effet de limiter les dégâts de la décision d'Agropur au Québec, a expliqué M. Dubé.

L'entreprise Liberté, qui avait pendant un temps menacé de cesser de s'approvisionner en lait de chèvre au Québec, est revenue sur sa décision. Saputo a aussi pu s'entendre avec les producteurs, si bien que ces deux grands joueurs continuent à soutenir l'industrie caprine québécoise.

Les membres des Producteurs de lait de chèvre doivent se concerter le 1er novembre lors de leur réunion annuelle pour planifier les besoins de l'industrie de la transformation au cours de la prochaine année, ce qui devrait permettre d'avoir une meilleure évaluation de l'impact de la fin du contrat avec Agropur.