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François Legault se mêle de la crise du Publisac

Sylvain Larocque | Le Journal de Montréal

PHOTO TIRÉE DE TWITTER

La crise qui secoue le Publisac a fait son chemin jusqu’à François Legault. Le premier ministre a reçu lundi à son bureau les PDG de trois grandes entreprises québécoises pour qui les circulaires sont une affaire de gros sous.

« On sait qu’il y a plusieurs enjeux liés au Publisac en ce moment, donc [la rencontre], c’était pour entendre les revendications et les défis de l’industrie en ce moment. On est vraiment en mode écoute », a déclaré au Journal un porte-parole de M. Legault, Ewan Sauves.

Les trois dirigeants étaient François Olivier, PDG de Transcontinental, qui imprime les circulaires et les hebdos distribués par le biais du Publisac, Yves Laflamme, PDG de Produits forestiers Résolu, qui fabrique du papier journal, et Mario Plourde, PDG de Cascades, qui recycle circulaires et journaux.

Le Publisac est au cœur d’une controverse depuis qu’un retraité, Charles Montpetit, fait pression sur la Ville de Montréal pour qu’elle interdise à Transcontinental de le distribuer aux citoyens qui ne l’ont pas expressément demandé.

Selon lui, seulement à Montréal, le Publisac génère 500 tonnes de déchets par semaine.

Interdiction à Montréal ?

La Ville de Montréal mène actuellement une consultation sur le sujet, M. Montpetit ayant réussi à recueillir les signatures de plus de 15 000 opposants au Publisac par le biais d’une pétition.

À Mirabel, un règlement interdisant la distribution systématique du Publisac est entré en vigueur au début du mois, mais Transcontinental en fait fi, le jugeant illégal.

Résolu tient à souligner qu’elle ne coupe pas d’arbres spécifiquement pour fabriquer du papier journal.

« L’industrie ne récolte pas d’arbres pour faire du papier à moins de situations d’exception, a indiqué un porte-parole de l’entreprise, Karl Blackburn. On récolte des arbres pour faire du bois de construction et avec les résidus, on donne une valeur ajoutée, dont la fabrication de papier. »

Important pour Cascades

De son côté, Cascades a besoin des circulaires et des journaux pour faire tourner ses usines de papier recyclé.

« La raison pour laquelle on était à la rencontre, c’était pour sensibiliser au rôle que cette matière-là joue dans notre chaîne d’approvisionnement », a expliqué Hugo D’Amours, porte-parole de Cascades.

Plus important acteur au Canada dans ce domaine, Cascades dit « détourner » chaque année des sites d’enfouissement pas moins de 3,2 millions de tonnes de papier et de carton.

Transcontinental soutient que l’emploi de 850 de ses salariés est lié au Publisac et que la rémunération annuelle moyenne de ces travailleurs est de plus de 59 000 $. À cela s’ajoutent environ 3500 postes à temps partiel chez les sous-traitants d’ensachage et de distribution.

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