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Qu’est-ce qui a pu pousser un père à commettre l’irréparable?

TVA Nouvelles

Les profondeurs de l’âme humaine sont parfois insondables. Mais qu’est-ce qui aurait pu pousser un père de famille de 40 ans à commettre l’irréparable, à tuer ses deux jeunes enfants de 5 et 7 ans avant de se pendre? Un psychiatre émet des hypothèses.

«Quand il survient une séparation, les parents sont particulièrement fragiles. Souvent, la tristesse devient trop forte et elle se transforme en colère et les risques d’agir dans la colère dans cette période sont très grands», avance Gilles Chamberland, psychiatre à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel à Montréal.

C’est la conjointe de l’homme et la mère des enfants qui aurait découvert les trois corps vers 21h mardi soir à son retour du travail.

L’une des victimes aurait été trouvée au sous-sol de la résidence, alors que le corps du deuxième enfant aurait été découvert à l’étage. Quant au père de famille, il était sans vie dans la chambre principale.

Il semble que le couple était en instance de séparation.

Gilles Chamberland ajoute que l’automédicamentation est dangereuse lors des ruptures amoureuses. «Ce n’est pas le temps de consommer de l’alcool, des drogues ou des médicaments hors prescription, car ça va favoriser un passage à l’acte et agir dans la colère», appuie le psychiatre.

Signes avant-coureurs

Le père qui aurait intenté à la vie de ses enfants avant de se pendre aurait tenu des propos suicidaires. «Même s’il y a des signes souvent, on les voit en rétrospective. Le danger, c’est que les gens se culpabilisent et se disent: J’aurais dû faire ci et ça. Ce n’est pas si facilement prévisible», appuie le psychiatre Chamberland.

 «La mère ne se doutait pas elle-même que quelque chose d’aussi dramatique aurait pu arriver. Ce n’est pas si évident de voir les signes avant-coureurs. Ça dépend de la personne qui est souffrante à quel point elle est capable de le communiquer, de demander de l’aide. Certains ruminent de la colère jusqu’à tant que ça explose. C’est facile de dire : Allez consulter, prenez le téléphone appelez si vous êtes trop fâchés, débordé par la colère. Souvent, ces gens-là vont vouloir la défouler sur le coup et après il est trop tard», formule Gilles Chamberland.

Des problèmes de santé mentale peuvent-ils avoir un lien avec ce double meurtre suivi d’un suicide?

«Ça peut aller de la psychose la plus complète où des schizophrènes étaient convaincus qu’ils faisaient ça pour sauver leur enfant. C’est dramatique, mais il n’y a pas de colère tournée contre l’enfant dans ces moments-là. Les suicides élargis, les gens sont profondément déprimés, certains se disent: Mes enfants souffrent autant que moi et je dois même les amener. C’est là que ça devient dangereux», informe M. Chamberland.

Le passage à l’acte, l’infanticide peut survenir dans un court laps du temps. «C’est souvent une période assez courte et qui peut arriver assez rapidement et qui peut être plus ou moins imprévisible. Il faut agir rapidement», recommande le psychiatre.

*** Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez jamais, communiquez avec la Ligne québécoise de prévention du suicide au 1 866-APPELLE (277-3553) ou cliquez ici.

 

 

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