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Un cabinet paritaire nommé le 20 novembre, annonce Trudeau

Émilie Bergeron | Agence QMI

Reporté au pouvoir sans majorité, le premier ministre Justin Trudeau a dit être à l’écoute de ceux qui n’ont pas voté pour lui au Québec et dans les Prairies, mercredi, s’engageant à mener une réflexion dans les prochaines semaines.

Sur un ton davantage conciliant et moins triomphant que le soir même de sa réélection, le chef libéral a promis d’avoir de sérieuses discussions avec les chefs des autres partis et les premiers ministres des provinces.

«Nous devons nous écouter les uns les autres, nous devons déterminer quel est le meilleur chemin pour aller de l’avant avec chaque région du Canada», a-t-il lancé durant sa première rencontre postélectorale avec la presse. Il a dit regretter que la campagne électorale ait semé la division avec son ton incisif.

Les libéraux ont réussi à faire élire 157 députés au Canada, mais seulement 35 au Québec. Ils ont par ailleurs été complètement décimés en Alberta et en Saskatchewan. Les troupes de Justin Trudeau se retrouvent donc aux commandes d’un gouvernement minoritaire qui les forcera à faire certains compromis pour livrer leurs engagements électoraux.

L’assermentation du prochain Conseil des ministres se fera le 20 novembre, a indiqué M. Trudeau, tout en s’engageant à ce qu’il soit paritaire.

Priorité à des baisses d’impôts

«La toute première chose» que le premier ministre désigné a l’intention de faire dans son second mandat est d’exempter d’impôt la première tranche de 15 000 $ du revenu annuel de la plupart des Canadiens. M. Trudeau s’est aussi engagé à moderniser la Loi sur les langues officielles dans les six mois, de même que de se pencher sur l’accès à l’aide médicale à mourir.

Possibilité d’un lieutenant politique pour le Québec

Le chef libéral n’a pas fermé la porte à désigner un lieutenant politique pour le Québec au sein de son équipe. Il avait pourtant refusé de le faire au début de son premier mandat. «À quoi ça sert d’avoir un lieutenant du Québec quand tu as un général?», avait-il fait valoir. Mercredi, M. Trudeau a plutôt dit vouloir prendre les prochaines semaines pour y songer.

Ouvert à la collaboration, mais fermé à une coalition

M. Trudeau a exclu la possibilité de former une coalition «formelle ou informelle» avec une autre formation politique, comme le Nouveau Parti démocratique (NPD), pour assurer une certaine pérennité à son gouvernement minoritaire. Le premier ministre s’est tout de même montré ouvert à collaborer sur certains dossiers, notamment avec le Bloc. «On est un parti farouchement fédéraliste [...], mais il y a des enjeux comme les changements climatiques sur lesquels tous les Québécois et bien des Canadiens sont d’accord», a-t-il dit.

Prendre en compte les préoccupations de l’Ouest

M. Trudeau a promis de tenir compte des inquiétudes des citoyens des Prairies, dont l’économie est affaiblie par le manque de marchés d’exportation du pétrole. L’Alberta et la Saskatchewan ont complètement tourné le dos aux libéraux, lors de l’élection de lundi. «J’ai parlé avec les premiers ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan hier (mardi), ainsi qu’au maire [de Calgary] Naheed Nenshi pour discuter des façons de s’assurer que les inquiétudes bien réelles des Albertains sont prises en considération par ce gouvernement», a dit le premier ministre.

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