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Les infirmières demandent 21,6% sur trois ans

Charles Lecavalier

 - Journal de Quebec

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Les surplus budgétaires à Québec font saliver les syndicats: les infirmières demandent une hausse salariale de 21,6% sur trois ans et la CSQ 12%.

Pour la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente les infirmières, cette imposante augmentation se justifie par un rattrapage nécessaire après des années de vaches maigres. «On a fait les frais de l’austérité. On n’a quasiment pas eu d’augmentations», a expliqué sa présidente, Nancy Bédard.

Elle demande 3,2% par année (indexation et enrichissement collectif) et 4% de rattrapage. Ce rattrapage est basé sur des comparaisons avec le secteur privé, les hausses consenties chez Hydro-Québec, à la SAQ ainsi que la hausse des salaires au Québec au cours des dernières années.

Il n’y a pas encore de front commun dans la ronde de négociation qui s’amorce, mais la FIQ s’est alliée à l’APTS (l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé), qui réclame la même hausse. Ce syndicat représente des travailleurs sociaux, des psychologues et des techniciens en réadaptation par exemple.

Là aussi, affirme la présidente Carolle Dubé, la pénurie de main-d’œuvre fait rage. «Si je regarde la situation particulière dans les centres jeunesse, dans les centres de réadaptations pour les gens en déficiences intellectuels, le problème est tellement criant», note-t-elle. Elle soutient que le gouvernement du Québec s’est bâti des surplus phénoménaux de plusieurs milliards «sur le dos» des travailleurs. «On a imposé aux réseaux des compressions importantes. Il faut redonner à ces gens-là», a-t-elle dit.

12% pour les profs

Face à ces demandes, la CSQ et ses 12% ont presque l’air frugaux. Le syndicat représente 120 000 travailleurs dans la négociation en cours, dont 68 000 enseignants.

Elle demande une hausse de deux dollars de l’heure la première année – cela équivaut à une augmentation de la masse salariale d’environ 6% - suivi de deux années à 3%.

Le gouvernement Legault a déjà indiqué qu’il voulait favoriser certains corps d’emplois, comme les infirmières et les préposés aux bénéficiaires. La présidente de la CSQ Sonia Éthier estime que tous les employés du secteur public nécessitent un rattrapage.

«Le gouvernement va chercher à nous diviser. Mais je pense que lorsqu’on regarde les conditions de travail présentement et les conditions de chaque corps d’emploi, tout le monde a besoin d’un rattrapage. Il faut penser à l’attraction, la rétention dans l’ensemble des services publique», a-t-elle dit. La hausse de 2 $ de l’heure permettrait d’améliorer davantage la qualité de vie des travailleurs au bas de l’échelle salariale, a-t-elle ajouté.

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