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Faire de petits miracles dans un milieu difficile

Pierre-Paul Biron | Le Journal de Montréal

Photo Pierre-Paul Biron

Grâce au dévouement de son personnel, une petite école défavorisée de la Côte-Nord accueillant plus de 40 % d’élèves en difficulté parvient à se classer au premier rang d’un tout nouveau Palmarès créé cette année par Le Journal.

L’école secondaire des Rivières, à Forestville, trône au sommet du nouveau classement des écoles publiques accueillant plus de 30 % d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

Ce nouveau Palmarès met en valeur les efforts d’écoles qui accomplissent des prouesses, avec une proportion d’élèves en difficulté supérieure à la moyenne.

L’humain avant tout

« Il y a 187 écoles qui ont plus de 30 % d’élèves en difficulté au Québec. C’est majeur », souligne le chercheur Peter Cowley, de l’Institut Fraser.

Au total, 173 écoles publiques et 14 écoles privées ont été évaluées dans ce nouveau Palmarès.

Avec 42,6 % d’élèves en difficulté, la directrice de l’école des Rivières, Danielle Caron, n’a pas peur des défis.

Elle croit toutefois que les bons résultats de son école vont au-delà du volet académique. Bien souvent, les actions prises au niveau humain auront des répercussions sur tout le reste, estime-t-elle.

« Est-ce qu’on emmène des jeunes chez le dentiste ? Est-ce qu’on a payé pour des traitements ou des lunettes à partir d’un budget spécial ? Oui, on le fait », dit Mme Caron, en soulignant que les difficultés d’apprentissage sont parfois liées à la réalité socioéconomique de sa région.

Créer des moments

L’école d’un peu plus de 200 élèves n’a pas les moyens d’offrir des programmes spéciaux à ses jeunes. En revanche, la direction s’efforce de créer des moments qui font une différence. Comme ce réveillon de Noël, qui est toujours très attendu.

«Pour certains, ce sera ça, le seul party de Noël », confie la directrice, convaincue de l’impact de ces efforts sur le plan scolaire.

«Il y en a beaucoup qui ne réussissent pas et que ce n’est pas l’académique qui est en cause, indique-t-elle. Il faut composer avec ça et c’est ce qu’on s’efforce de faire en créant un milieu de vie.»

L’apport des profs est primordial dans un petit milieu comme Forestville. En pleine pénurie de main-d’œuvre et incapable de recruter, Danielle Caron aurait besoin d’au moins deux enseignants à temps plein à l’heure actuelle.

Son personnel s’est toutefois assuré de se partager les 40 périodes laissées vacantes en début d’année.

«Tout le monde s’est proposé. On a des profs de français qui enseignent en géographie. Malgré ça, nos enseignants demeurent disponibles et permettent aux étudiants de les texter s’ils ont des questions. Ça fait toute une différence», soutient la directrice.

«Il faut que les gens voient qu’il se passe de belles choses ici et qu’ils s’installent en région, parce qu’on ne peut pas perdre notre dynamique, ajoute-t-elle. Au Palmarès, on voit les résultats en mathématiques et en français, mais nous, on voit le résultat humain.»

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