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Déjà 16 victimes du crime organisé cette année

Eric Thibault - Journal de Montréal

AGENCE QMI

L’année 2019 s’avère particulièrement funeste en matière de règlements de compte liés aux bandes criminalisées.

En moins de 10 mois, on dénombre 16 meurtres portant la signature du crime organisé ou vraisemblablement reliés à un conflit entre gangs, à Montréal, dans la couronne nord ou sur la Rive-Sud, d’après une compilation du Journal de Montréal.

C’est déjà plus que les 13 répertoriés dans l’ensemble du Québec pour toute l’année 2017, et autant qu’en 2016. Il y en a eu 21 l’an dernier.

« Plusieurs meurtres ont eu lieu dans des lieux publics cette année. Ces règlements de compte touchent en même temps la mafia italienne, les motards et les gangs de rue », a observé la criminologue Maria Mourani.

Vieux comptes

Le réputé chef mafieux Andrew Scoppa, assassiné lundi dernier, était la cinquième victime liée au crime organisé de souche italienne en 2019. Son frère Salvatore avait connu le même sort en mai.

« La mafia est encore en train de régler de vieux comptes qui remontent à plusieurs années, a constaté Mme Mourani. Elle essaie de remettre les compteurs à zéro. »

Ce fut le cas de Tony Magi, tué par balles dans un immeuble en construction le 24 janvier.

L’entrepreneur était soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de Nick Rizzuto Jr., fils aîné du défunt parrain Vito Rizzuto, tué près des bureaux de Magi en 2009.

Quant aux frères Scoppa, ils étaient à couteaux tirés avec les nouveaux dirigeants du clan Rizzuto depuis 2015. Dans une mafia encore divisée, une accalmie est difficile à prévoir selon la criminologue Mourani.

« Il y a encore des ressacs de la guerre de pouvoir entre clans siciliens et calabrais qui date du moment où Vito Rizzuto avait été arrêté [janvier 2004] et extradé aux États-Unis. »

Plusieurs trafiquants

La situation est tout autre pour les Hells Angels, qui ont profité d’une mafia décimée pour prendre le contrôle du crime organisé québécois.

Plusieurs narcotrafiquants liés aux motards ont cependant été éliminés en 2019, dont Gaétan Sévigny, abattu à Terrebonne le 17 octobre.

Certains étaient aussi associés aux dangereux cartels mexicains, dont Ivan Alejandro Silva Sanchez, tué sur sa moto à Boucherville à la fin août.

D’autres étaient mêlés à des conflits de territoire, comme Francis Turgeon, tué à Repentigny en mai.

C’est sans compter de nombreuses fusillades dont les cibles ont survécu à leurs blessures, comme le chef de gang de rue Arsène Mompoint, l’été dernier, dans le quartier Saint-Léonard.