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Les véhicules autonomes... pas pour demain!

Louis-Philippe Messier | 24 Heures

La voiture intelligente pourrait demeurer plutôt bête pendant encore longtemps.

Jusqu’à l’an dernier, les manufacturiers — Tesla en tête — rivalisaient d’optimisme : la voiture autonome, sans volant, ni pédales, ni rétroviseurs, s’annonçait imminente.

Or, ces dernières semaines, les pronostics plus réalistes en provenance de l’industrie et de la presse spécialisée se multiplient : pas avant dix ans, voire vingt ans, disent certains. Un des fondateurs d’Apple, Steve Wozniak, a perdu la foi : ce technophile propriétaire de plusieurs voitures semi-autonomes ne croit plus qu’il verra l’avènement d’un véhicule réellement autonome de son vivant (il a 69 ans).

Seul le patron de Tesla, Elon Musk, continue de promettre une autonomie complète pour bientôt : d’ici la fin de l’année... Mais cette « autonomie complète » dont M. Musk parle n’est pas vraiment complète si on y regarde de plus près. Un chauffeur derrière le volant en cas d’imprévus sera requis. Presque tous les grands joueurs (GM, Nissan, Volvo, etc.) admettent qu’en raison du nombre infini d’imprévus possibles, l’art de la conduite dépasse les capacités de l’intelligence artificielle, insuffisamment fluide.

Étape par étape

Il y a trois ans, pour cette chronique, je m’entretenais avec un conducteur de Tesla qui commençait à perdre l’habitude de conduire dans le trafic lent sur l’autoroute. En cas de congestion routière, il sortait son livre pour lire ou son ordinateur pour travailler : son programme de pilotage automatique s’acquittait alors très bien de la tâche... à commencer par garder sa voie et éviter d’emboutir le véhicule devant.

Même si la voiture vraiment autonome mettait encore un siècle avant d’exister, les avancées technologiques qui permettent de garder sa voie si on s’endort, de freiner automatiquement si un obstacle arrive, de détecter les dangers potentiels ou de se stationner automatiquement en parallèle révolutionnent déjà nos habitudes au volant. Les systèmes avancés d’aide à la conduite se normalisent. L’autonomie totale s’atteindra tranquillement, graduellement, par étapes ; on aura le temps de s’y habituer.

Modèle chinois

Puisque les routes chaotiques posent problème à l’intelligence artificielle, la Chine va désormais concevoir de nouvelles villes en fonction des véhicules autonomes, avec des rues balisées expressément pour leur faciliter la tâche.

Après tout, si on pose des lampadaires et des panneaux pour aider les humains au volant à voir la route et à se retrouver, pourquoi ne pas faire la même chose pour les ordinateurs de bord des véhicules, pour leur permettre de naviguer plus intelligemment?

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