/news/tele

Danny Gilmore transformé

Daniel Daignault | Agence QMI

ART-VICTOR-LESSARD

Joël Lemay / Agence QMI

Dans «Ghetto X», la troisième saison de «Victor Lessard» diffusée sur Club illico, vous verrez un Danny Gilmore méconnaissable défendre le rôle du «méchant de service», un personnage pour lequel il s’est transformé avec beaucoup de plaisir. Confidences sur ses projets, ses rôles, dont celui de papa de deux garçons, et de sa séparation d’avec Hélène Florent.

Danny, peux-tu nous parler de ton personnage dans «Victor Lessard»?

C’est un ancien militaire, et il y a eu des événements qui ont transformé sa vie quand il se trouvait en Afghanistan. Il a changé son fusil d’épaule à son retour au Québec et a créé un groupe d’extrême droite. C’est un peu ça le point de départ. Je suis l’antagoniste de Victor Lessard.

On t’a demandé de te raser la tête pour jouer ce personnage?

Oui, et je pouvais le faire, ça adonnait super bien, et aussi de me laisser pousser la barbe, ce que je n’avais jamais fait avant non plus. Ça m’a permis de vraiment plonger dans ce personnage-là, et ç’a été un vrai plaisir.

As-tu retrouvé des comédiennes et des comédiens avec qui tu avais déjà joué?

C’est Guy Nadon qui joue le rôle de mon père. On s’était croisés brièvement quand j’avais fait mon stage à l’École nationale, c’est lui qui m’avait coaché, et c’était extraordinaire de le retrouver là. Ce sont tous des acteurs top: Julie Le Breton, Patrice Robitaille...

Un rôle du genre et le fait de jouer dans une série qui ne manque pas d’action, ça devait être un grand plaisir...

C’était un «trip de kid» et aussi un «trip» d’acteur, parce que ça a du sens. Là où j’en suis dans ma vie, à 45 ans, on dirait qu’il faut que ça ait du sens. En plus, j’ai pu jouer avec les «guns»! Il a fallu que j’aie une formation sur la manipulation des armes, parce que mon personnage est un ancien «sniper». Et il y a eu des scènes de poursuite, des scènes d’action. En même temps, de prime abord, ce personnage est un dur, il est unidimensionnel. Mais plus ça avance, plus tu vois qu’il y a des failles et des nuances dans son discours, tu vois qu’il y a une évolution dans sa façon de penser. Il est en quête d’identité, un peu comme Victor Lessard. C’est un peu ce que l’on vit au Québec présentement. Ce personnage-là, c’est un peu l’extrême de notre nationalisme sombre, si on veut. Et en même temps, il y a un questionnement à savoir quelle est notre identité, et ça, c’est intéressant.

As-tu déjà eu à jouer des rôles physiques comme celui-là?

Oui, j’ai eu à jouer des scènes de batailles, et j’adore ça, faire mes cascades. La première fois, c’était avec Jean Beaudin dans «Ces enfants d’ailleurs». J’avais quelques scènes de batailles là-dedans, et j’ai vraiment eu la piqûre, j’ai beaucoup aimé ça.

On te voit aussi dans «Les honorables»...

Oui, je joue le rôle du policier qui mène l’enquête avec son acolyte. Dans cette série, on voit comment un système de justice peut être défaillant. Tout le monde a droit à une défense pleine et entière, mais à cause de l’absence de preuves, le coupable est libre, même si tout le monde sait qu’il est coupable.

As-tu d’autres tournages en vue?

Je viens de finir un tournage de 10 jours pour la série américaine «Barkskins», tournée à Québec (une adaptation du roman d’Annie Proulx, NDLR). C’est super, c’est une série à gros budget produite par Fox 21, achetée par Disney. Ils ont bâti un village à Valcartier et l’histoire se déroule en Nouvelle-France. C’est David Thewlis qui joue le premier rôle. Il y a des comédiens des États-Unis, d’Australie, d’Angleterre, et ils ont engagé des gens du Québec pour compléter la distribution. Ce sont de beaux rôles qu’on a à jouer.

Sinon, travailles-tu sur d’autres projets?

Je vais jouer dans la saison deux de la série web «Avec moi», pour Tou.tv. Sinon, j’ai des projets personnels, de l’écriture, on parle d’un court métrage, et j’ai aussi un long métrage en chantier. J’ai toujours écrit et réalisé, mais vraiment en parallèle avec ma carrière de comédien.

Y a-t-il un genre de personnage que tu aimerais jouer au cours des prochaines années?

Très bonne question! Je pense que je suis rendu à un âge où mon casting change, je vieillis. Je trouve ça difficile de me voir vieillir à l’écran, mais en même temps, les rôles qu’on me présente sont souvent plus intéressants, plus nuancés.

Danny, en août dernier, on a appris qu’Hélène Florent et toi aviez décidé de mettre un terme à votre relation. Qu’est-ce que tu veux me dire à ce sujet?

Il n’y a pas grand-chose à dire, sincèrement. Ça fait plus d’un an que nous ne sommes plus ensemble. On ne l’a pas dit, on voulait vivre ça à notre façon, et on avait besoin de temps. Ce n’est jamais évident, une séparation. On voulait bâtir quelque chose d’autre, et on y est arrivés. C’est pour ça qu’on peut maintenant le dire aux gens.

Avez-vous été longtemps ensemble?

On a été 11 ans ensemble, on a eu un enfant, Joseph, qui a quatre ans.

Donc, vous avez bien réussi votre séparation, vous êtes demeurés amis et vous vous entendez bien?

Oui, exactement. On avait envoyé un communiqué disant que c’était ce qui se passait et qu’on ne voulait pas en parler plus qu’il ne le faut. On est restés proches. On aimerait même travailler ensemble. On essaie de faire une séparation consciente, qui nous ressemble. On a des intérêts communs, notre fils, et on ne se sépare pas comme lorsqu’on a 20 ans. On a pris le temps de faire ça comme il faut.

Par votre exemple, vous allez peut-être inspirer d’autres couples à bien réussir leur séparation, à voir qu’il est possible d’être amis et de se côtoyer au travail...

Oui, tout à fait. On est tellement enfermés dans des carcans de style de vie! Toute la société veut sortir de ces carcans. Tous les jeunes crient qu’ils veulent aussi en sortir, qu’ils ne veulent plus le même discours pour les hommes, qu’ils veulent que les femmes prennent leur place. Il faut parfois oser sortir de ce carcan et dire qu’il est possible d’avoir une relation différente et de suivre un autre parcours. Pour nous, c’est important de sortir un peu de ça. Si on peut être un exemple à notre façon, aussi minime soit-il, c’est super.

Quel genre de père es-tu pour ton fils?

J’ai deux gars, dont un de 16 ans qui s’appelle Jacob. Ils ont des intérêts complètement différents, à cause de l’âge. Mon grand joue au basket, il a commencé à travailler, il suit son cours de conduite. Pour lui, je fais pas mal le taxi. Le petit, lui, adore dessiner et il est hyper créatif, alors on l’encourage beaucoup là-dedans.

Penses-tu que Jacob va suivre tes traces?

Oui, il s’intéresse au cinéma, il est plus intéressé par la réalisation.

Donc, deux enfants, deux mères...

Oui, et deux femmes extraordinaires. Elles m’ont beaucoup aidé à comprendre. Quand j’étais jeune, j’en ai dit des affaires niaiseuses sur les filles, mais, en rencontrant ces filles-là, elles m’ont fait évoluer... J’espère passer ça à mes gars.

On ne sait jamais, un jour tu vas peut-être jouer avec Hélène...

Et peut-être que mon gars va réaliser! Ce serait vraiment cool. Je n’avais pas pensé à ça, mais puisque tu en parles, je me dis que c’est un beau rêve.

«Les honorables», mardi 21 h, à TVA. La troisième saison de «Victor Lessard» est offerte sur Club illico.