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Des milliers de familles québécoises veillent à la chandelle

Magalie Lapointe et Amélie St-Yves - Le Journal de Montréal

Martin Alarie

Plus de 200 000 foyers se préparaient samedi à passer une deuxième soirée au froid et à la noirceur au lendemain des vents violents qui ont endommagé le réseau électrique québécois, déraciné des arbres et arraché des toitures.

« On a sorti les bottes d’hiver, les tuques et les mitaines. Puis on a fait un tour de voiture avec les bancs chauffants et le chauffage au maximum pour se réchauffer », raconte Sabrina Plourde, 26 ans, de Saint-Pie-de-Guire, au Centre-du-Québec.

La mère de famille enceinte de son troisième enfant préparait un déménagement. « Ma fille a fait des boîtes avec moi, mais elle a hâte de regarder la télé et manger un repas chaud préparé par nous », ajoute-t-elle.

Même si cette panne rappelle la crise du verglas de janvier 1998, Le Journal a pu constater que le moral était encore bien présent chez les sinistrés.

« Ce qu’il y a de plus important, c’est de conserver la nourriture dans le frigidaire. Il ne fait pas trop froid à l’intérieur. Avec de bonnes couvertures, il n’y aura pas de problèmes cette nuit », explique Jean-Nicolas Bélair, de Deux-Montagnes.

C’est la Fête

Pour Jacob Dupuis, neuf ans, de La Présentation, en Montérégie, la panne d’électricité se vit comme une aventure.

« On a dormi avec nos lampes de poche ! » mentionne l’enfant, qui a été impressionné par la profondeur de la nuit.

La veille, son père, Jean-François Dupuis, avait sorti des jeux de société pour l’anniversaire de son frère de 12 ans.

« On a fait ça aux flashlights, à la lampe à l’huile, à jouer aux cartes, avec un souper sur le BBQ », raconte le père du garçon.

Aussi bien qu’il n’y ait pas de stress chez les Dupuis, car le réseau électrique d’Hydro-Québec a été tellement endommagé par la tempête automnale qu’il faudra s’armer de patience dans certains secteurs, pour laisser le temps aux employés de la société d’État de remédier à la situation.

Température

La magie est moins présente chez ceux qui doivent conjuguer avec une baisse de température à l’intérieur de leur logement.

Thérèse Martin, 81 ans, de Saint-Hyacinthe, a préféré aller dormir chez sa sœur en fin de semaine, après que de gros arbres soient tombés à côté de chez elle, brisant des poteaux électriques.

« Le soir, à 16 h, il fait noir. De 16 h à 22 h à la chandelle, ça devient long », mentionne-t-elle, en riant.

–Avec Stéphane Sinclair, collaboration spéciale

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