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Hausse inquiétante des intoxications au monoxyde de carbone à cause des pannes

Arnaud Koenig-Soutière - Le Journal de Québec

Plus d’une cinquantaine de personnes ont été intoxiquées au monoxyde de carbone depuis le début des pannes de courant à travers le Québec, ce qui amène les autorités sanitaires à sonner l’alarme pour que les sinistrés fassent preuve de plus de prudence.

Alors que des centaines de milliers d'abonnés d’Hydro-Québec ont été privés de courant, la témérité de plusieurs d’entre eux inquiète le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Depuis vendredi, pas moins de 46 cas d’intoxication au monoxyde de carbone ont été signalés et confirmés par le Centre antipoison du Québec. Six cas graves s’ajoutent à la liste, eux qui ont dû prendre la direction d’une chambre hyperbare pour renflouer l’oxygène dans leur corps.

«C’est majeur. Ça veut dire que le message ne passe pas», s’inquiète la médecin Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale au directeur de la santé publique.

Pareilles intoxications sont monnaie courante lorsque surviennent des pannes prolongées, déplore Mme Goupil-Sormany, pointant l’imprudence des sinistrés.

L’utilisation à l’intérieur de matériel destiné à une utilisation au grand air comme les barbecues et les génératrices, ou encore les foyers décoratifs serait notamment en cause. « Le monoxyde prend la place de l’oxygène dans l’air », explique-t-elle, invitant les résidents toujours affectés à se loger temporairement chez des proches dans la mesure du possible.

 

Invisible, mais dangereux

L’intoxication peut se manifester par des maux de tête ou de cœur, des difficultés de concentration, ainsi que par des problèmes connexes plus graves qui peuvent être déclenchés par le manque d’oxygène.

«Ça arrive chaque fois parce que les gens ne se méfient pas. Le monoxyde de carbone n’a pas de couleur, pas d’odeur. C’est possible de ne même pas avoir le temps d’avoir mal à la tête qu’on va s’effondrer», prévient l’experte.

Malgré ces chiffres déjà importants sur une si courte période, ce ne pourrait être que « la pointe de l’iceberg », selon la porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Mélanie Otis.

«Cinquante cas, on peut avoir ça en un an au Centre antipoison, observe Mme Otis. C’est sûr qu’il y a des gens qui ont eu des symptômes et qui se sont tournés vers une autre ressource ou qui n’ont pas appelé le Centre.»

Importance du détecteur

Coïncidence si cela en est une: les pompiers profitent habituellement du changement d’heure pour inciter les citoyens à vérifier que leurs détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone sont fonctionnels. Ce rappel prend tout son sens avec les nombreux cas d’empoisonnement.

«Le détecteur, c’est un minimum», lance Isabelle Goupil-Sormany.

«Si le détecteur sonne et qu’on se demande ce que c’est, il ne faut pas hésiter à sortir de la maison et appeler le 9-1-1», ajoute le porte-parole des pompiers de Québec, Alexandre Lajoie.

M. Lajoie souligne qu’une augmentation du nombre d’appels relatifs à la présence de gaz dans des résidents a été constatée par les services d’urgence lors des derniers jours.

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