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Économie de seconde main: l’argent n’est plus la seule motivation

En plus d’atteindre des sommets au Canada, l’économie de seconde main est en pleine transformation : si une forte majorité d’utilisateurs des petites annonces continuent d’acheter ou de vendre pour des raisons économiques, ils ont des motivations nouvelles : l’environnement et l’altruisme.

C’est ce que démontre le «5e Indice Kiiji de l’économie de seconde main», une étude menée par Fabien Durif, directeur de l'Observatoire de la consommation responsable en septembre et octobre 2018 via internet auprès de 5625 répondants âgés de 18 ans et plus.

Selon les données compilées, la motivation économique, soit récupérer de l’argent en vendant, ou en économiser en achetant est en baisse de 4% depuis 5 ans.

«Cette motivation-là baisse légèrement, alors que les motivations plus écologiques ou altruistes ont des croissances de 4% à 6%. Ça démontre qu’il y a une conscientisation qui s’est faite ces dernières années», explique en entrevue à TVANouvelles.ca, Fabien Duriff.

«Oui, ça permet de gagner de l’argent, d’économiser, mais ça permet aussi d’avoir un impact social et environnemental», explique l’expert.

Le Québec moins actif

Le Québec à l’échelle du Canada participe moins à l’économie de seconde main, avec un indice d’intensité de 59 alors que la moyenne canadienne est de 82. Il s’agit du nombre moyen d'objets de seconde main achetés ou délaissés par chaque Canadien.

«On peut l’expliquer par une historicité plus tardive de l’économie de seconde main au Québec. Dans les autres provinces souvent on a vu un communautarisme plus élevé, donc ça fait en sorte qu’on est entré plus tard dans l’économie de seconde main avec une vision plus transactionnelle, mais on y participe», précise M. Durif.

C’est la ville de Québec qui trône en tête de liste lorsque vient le temps d’acquérir des objets de seconde main par achat (65 %).

Aussi, «Québec est arrivée deuxième pour délaisser les objets de seconde main par don (71 %), tout près derrière Hamilton, Ontario (73 %)», peut-on lire dans le rapport.

Tout le monde participe

Si l’économie des biens usagés était autrefois réservée à des personnes ou familles qui avaient moins de ressources financières, les mentalités ont bien changé.

«On voit qu’il y a une dé-stigmatisation. Aujourd’hui tout le monde pratique l’économie de seconde main.  La preuve est  que 35% des gens qui pratiquent cette économie de seconde main ont des revenus supérieurs à 80 000$. On n’est pas du tout dans ce qu’on peut imaginer au niveau des bas revenus», image le spécialiste.

Au Canada, l’économie de seconde main a atteint un poids économique de 27,3 G$ en 2018, alors que 2,4 milliards de biens ont été vendus, achetés ou même donnés, une augmentation de 14% depuis 2014.

Les  utilisateurs les plus importants échangent de leur côté près de 500 objets par année, soit six fois plus que la moyenne nationale.

Les Canadiens font des gains de 961$ par années en vendant des objets, et économisent en moyenne 723$.

L’étude a déterminé 10 principaux canaux où s’est exprimée l’économie de seconde main, soit le service en ligne Kijiji, les magasins ou réseaux à vocation sociale, les friperies, Craiglist, Facebook Marketplace, des magasins commercialisant de l’occasion, des événements ponctuels, LesPAC, les petites annonces imprimées et les détaillants de produits neufs qui vendent aussi des produits usagers.

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