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Trois cas de GHB dans une même soirée à Rouyn-Noranda

Dominique Scali | Journal de Montréal

Bottle of GHB in black background.GHB

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Trois femmes auraient été intoxiquées au GHB lors du même party d’Halloween dans un bar de Rouyn-Noranda dans la nuit de vendredi à samedi.

«Les clients étaient outrés», s’exclame Véronique Aubin, responsable de la programmation et des communications au Cabaret de la dernière chance.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les paramédics sont intervenus dans le bar auprès d’une personne dans la trentaine qui était dans un état critique, indique Francis Brisebois de l’entreprise de services ambulanciers Dessercom.

L’ambulance a dû être appelée parce qu’une femme était inconsciente après avoir, selon toute vraisemblance, été intoxiquée malgré elle au GHB, explique Véronique Aubin.

Plus tard, deux autres femmes se seraient rendues par elles-mêmes à l’urgence, selon ce qui a été rapporté au personnel du Cabaret, ajoute Mme Aubin.

«On est en contact avec la mère d’une des victimes [...] Elle ne peut toujours pas conduire, même si ça fait trois jours», a-t-on ajouté.

Ces cas d’intoxication n’ont toutefois pu être confirmés ni par la Sûreté du Québec ni par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue.

Elle-même intoxiquée

Le GHB, souvent connu sous le nom de drogue du viol, est régulièrement la cause d’intoxications à Rouyn-Noranda, selon Mme Aubin.

Cette drogue est d’autant plus répandue que des fêtards choisissent de la consommer de façon récréative et volontaire. Certains vont aussi en placer dans le verre d’autrui sans nécessairement avoir pour but d’agresser leur victime.

Par exemple, Charles Gabrysz du Bar Le Groove se souvient d’une jeune femme qui avait été intoxiquée «en blague» par ses propres amies l’an passé.

Le phénomène est assez inquiétant pour que plus de 15 bars de Rouyn-Noranda participent à une formation sur le sujet en juin, indique Mélanie St-Pierre de l’organisme Point d’appui.

«Moi-même, j’ai été intoxiquée au printemps dernier», témoigne Mme Aubin.

Message Facebook

Plutôt que de chercher à camoufler l’incident de vendredi, le Cabaret de la dernière chance a choisi d’avertir ses clients le soir même pour les inciter à être prudents, indique-t-elle. Une publication a également été faite sur la page Facebook du bar le lendemain.

 

«On leur lève notre chapeau d’avoir osé prendre position [...] Ils n’ont pas fait comme si ça n’existait pas», les félicite Mme St-Pierre.

Certains clients se sont même investis d’une mission de détective, cherchant à épingler l’agresseur parmi les fêtards déguisés, raconte Mme Aubin.

«Mais on a voulu recentrer le message sur la prévention», explique-t-elle, pour que les gens sachent comment réagir et pour les inciter à informer les employés de toute intoxication.

Car même en étant hyper vigilant, il suffit de quelques secondes d’inattention pour que le produit se retrouve dans un verre, constate-t-elle.