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Ottawa achèterait usagé plutôt que chez Bombardier

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Courtoisie/Bombardier

Le temps commence à manquer pour les vieux jets Challenger du gouvernement fédéral, qui ne pourront plus voler aux États-Unis et en Europe à partir de l’an prochain.

Les deux plus vieux CC-144 Challenger de l’Aviation royale canadienne (ARC) ont été acquis en 1982 et en 1985, avant que leur constructeur, Canadair, ne passe dans le giron de Bombardier.

Les appareils ne sont pas dotés du système ADS-B, qui permet la localisation par satellite comme le fait un GPS, s’appuyant plutôt sur la technologie radar, moins précise. Or, la navigation ADS-B sera obligatoire dès 2020 aux États-Unis et en Europe.

Mise à niveau pas rentable

« Par conséquent, à compter de janvier 2020, ils feront l’objet de restrictions de déplacement dans certaines régions internationales », précise le ministère de la Défense nationale dans un courriel.

« Compte tenu de l’âge de la flotte, il ne serait pas rentable d’investir dans une modification ou une mise à niveau ADS-B. Nous examinons donc des solutions de rechange. Les échéances et les coûts seront déterminés une fois les options choisies », ajoute le Ministère.

Les deux autres Challenger de l’ARC, acquis en 2002, sont dotés de l’ADS-B. Ces appareils sont construits à l’usine de Bombardier située dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

Ottawa pourrait commander de nouveaux Challenger ou des avions Global, des jets de plus grande taille dont la distance franchissable est supérieure. Un Challenger 605 flambant neuf coûte environ 42 M$, tandis que le prix du Global le plus luxueux est de plus de 95 M$.

Mais selon des documents gouvernementaux datés de 2016 obtenus par CBC, l’ARC préconiserait l’achat d’appareils Challenger usagés. Ottawa pourrait ainsi obtenir les avions plus rapidement tout en payant moins cher.

Controverse

L’achat d’avions est depuis longtemps controversé à Ottawa. Le gouvernement repousse depuis des années le renouvellement de ses chasseurs CF-18. Et avec ses CC-150 Polaris, il fait partie des derniers exploitants de l’Airbus A310, qu’Air Transat est en train de sortir de sa flotte.

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