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37 morts dans l'attaque d'un convoi d'une minière montréalaise

Agence QMI

Une attaque contre un convoi transportant des employés de la mine Boungou, opérée par la minière québécoise Semafo au Burkina Faso, en Afrique, a fait 37 morts et des dizaines de blessés, mercredi.

Selon les informations partagées par Semafo, l'attaque s'est produite à environ 40 km de la mine Boungou, dans l'est du pays.

«Le convoi, accompagné d'une escorte militaire, comptait cinq autobus transportant des employés burkinabés, des entrepreneurs et des fournisseurs de Semafo. Les renseignements présentement disponibles font état de plusieurs morts et blessés», a détaillé la minière québécoise par communiqué.

Selon le gouverneur de la région de l'est du Burkina Faso, cette attaque «barbare et lâche» menée par des «individus armés non identifiés» a fait 37 morts et plus de 60 blessés.

Dans une déclaration envoyée à TVA Nouvelles, le ministère des Affaires étrangères a indiqué ne pas savoir, pour le moment, si des Canadiens ont péri lors de l'attaque.

Le site de la mine demeurait sous contrôle et ses opérations n'ont pas été perturbées, a précisé l'entreprise, qui soutient travailler avec les autorités locales pour assurer la sécurité de ses installations et de ses employés.

Ce n'est pas la première fois que Semafo doit faire face à une attaque armée contre un convoi transportant ses employés. Au cours de l'été 2018, un employé et un sous-traitant de la mine Mana avaient été tués lors d'un échange de tirs entre des policiers et des bandits, tandis qu'un civil et cinq policiers chargés d'assurer la sécurité de la mine de Boungou avaient été tués lors d'une autre attaque.

Pire attaque en cinq ans

Le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe armé État islamique.

Depuis le début de l'année 2015, les attaques djihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l'est du pays, ont fait près de 700 morts selon un décompte de l'AFP et environ 500 000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU.

L'attaque de mercredi est la plus meurtrière à être survenue au Burkina Faso depuis cinq ans. En 2016, un attentat visant un restaurant de la capitale Ouagadougou avait fait 30 morts, dont six Québécois.

Répercussions

La nouvelle de l'attaque a eu pour effet de faire plonger le cours de l'action de Semafo, qui avait perdu 11,2 % de sa valeur à la fermeture des marchés. Le titre ne valait plus que 3,49 $ à 16 h, contre 3,93 $ à pareille heure mardi.

Semafo exploite deux mines d'or au Burkina Faso, soit les mines Mana et Boungou. La première est entrée en fonction en 2008, produisant depuis plus de deux millions d'onces d'or, tandis que la mine de Boungou a amorcé ses opérations commerciales le 1er septembre 2018, pour extraire 63 600 onces d'or en quatre mois. Ces deux mines doivent produire, ensemble, entre 350 000 et 380 000 onces d'or cette année, selon les prévisions de Semafo.

- Avec l'AFP