/news/culture

Des fans inconditionnels au spectacle de Patrick Bruel

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

STEVE MADDEN/AGENCE QMI

C’était presque ni vu, ni connu. Même si Patrick Bruel est présentement sous enquête suite aux allégations de cinq femmes affirmant avoir été victimes d’inconduites sexuelles de sa part, au Centre Bell, où le chanteur français se produisait, mercredi soir, l’ambiance était à la fête et à l’amour inconditionnel.

 «On t’aime!», ont même hurlé plusieurs demoiselles après une vingtaine de minutes de prestation de l’artiste de 60 ans, qui venait d’enfiler les pièces  «Comment ça va?», «Alors regarde», «Tout recommencer» et «Dors» devant 10 135 spectatrices (et quelques spectateurs) visiblement éprises.

Bruel lui-même n’a fait aucune allusion à la tourmente dans laquelle il est plongé, si ce n’est du fait qu’il a particulièrement insisté sur le «Du fond du cœur, merci d’être là» qu’il a prononcé avant et après une «Qui a le droit» acclamée à outrance.

Les visages heureux projetés sur l’écran géant pendant le moment - un des éléments de l’impressionnant dispositif scénique du spectacle - ne laissaient transparaître aucun reproche à l’égard de l’idole. Pas plus que la chorale spontanée qui s’est élevée, quelques minutes plus tard, sur «J’te l’dis quand même».

Fans loyaux

Dans les gradins du Centre Bell, aucun trou béant, preuve que la majorité des détenteurs de billets pour le concert a pris part à la soirée comme prévu, malgré les soupçons qui pèsent sur Patrick Bruel. Questionnées à leur arrivée au Centre Bell, plusieurs personnes lui ont réitéré leur soutien indéfectible.

«Ça ne lui enlève pas son talent, a mentionné Lorraine Makarios, de Montréal. Je pense qu’il n’a pas fait mal à personne. À un moment donné, il faut passer par-dessus, parce que, sinon, on va s’asseoir chez nous, on ne sortira plus et on n’écoutera plus de musique. C’est comme Éric Lapointe ; les postes de radio ne jouent plus ses "tunes". Tout le monde en ont, des problèmes, souvent, conjugal (sic). Je trouve que ça n’a pas rapport avec leur talent.»

Elena Mitrofan, de Montréal, était accompagnée de sa fille de 10 ans, Eva, laquelle ignorait les récentes manchettes concernant son favori.

«Je ne sais même pas si c’est vrai, a indiqué Madame Mitrofan. Il y a toujours deux côtés. Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’artiste, le chanteur. J’espère que ce n’est pas vrai, mais la musique qu’il fait, je trouve que c’est important. On ne peut pas tout annuler à cause de ça. Pour l’instant, on veut juste s’amuser et profiter de ses chansons.»

Adeptes de l’œuvre de Bruel depuis «très longtemps», Shirley et Paul Leblanc étaient partis de Gatineau pour assister à l’événement et n’ont nullement remis leur voyage en question. Et s’il devait être accusé et reconnu coupable de quelque chose?

«Je ne suis pas rendue là, encore», a avoué Shirley Leblanc.

Quant à Stéphanie Janelle, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, elle craignait que le rendez-vous de mercredi soit annulé. «Moi, c’est l’artiste que j’aime, pas la personne en elle-même», a-t-elle nuancé.

Non remboursable

Patrick Bruel avait interrompu son actuelle tournée pendant cinq semaines, au début septembre, après la parution d’un premier article dans le quotidien français «Le Parisien», évoquant une première dénonciation de ses actes présumés.

Il avait notamment annulé des activités de promotion au Québec la même semaine, où il devait participer aux émissions «En direct de l’univers», «Les enfants de la télé» et «La vraie nature». Puis, il a repris sa série de spectacles en France. Il sera au Centre Vidéotron de Québec ce samedi, 9 novembre.

Sur la page Facebook du passage de Patrick Bruel à Montréal, quelques fidèles avaient émis, dans les derniers jours, la volonté de voir leurs billets remboursés, compte tenu des circonstances. À ceux et celles qui en ont officiellement fait la demande, le promoteur evenko a répondu en rappelant sa politique de non-remboursement une fois un billet acheté, et fait valoir «qu’à ce jour et selon la loi, aucune infraction n’a été commise.» «Rappelons qu’il s’agit d’allégations et non d’accusations dont fait l’objet M. Bruel», a aussi spécifié evenko.