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La défense questionne les deux témoins qui ont changé de version

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Les déclarations «cruciales» faites par deux témoins qui disent avoir vu partir ensemble Yves «Colosse» Plamondon, le délateur André «Bull» Desbiens et la victime Claude Simard, le soir du meurtre, ont été scrutées par les avocats.

Au troisième jour du procès civil de l’homme qui a passé 28 ans de détention pour trois meurtres qu’il nie avoir commis, les avocats de «Colosse» Plamondon se sont intéressés aux déclarations de deux témoins. Ceux-ci se trouvaient à la Taverne Desrosiers le soir du meurtre de Claude Simard.

Simard avait été vu par plusieurs témoins en compagnie de Plamondon et Desbiens cette soirée du 13 août 1985 à la taverne, avant que son corps ne soit retrouvé à Lac-Beauport le lendemain matin.

Quelques jours après le meurtre, deux clients de la place avaient été interrogés.

Dans cette première version, Pierre Gaudreault indique aux enquêteurs que Colosse n’est pas parti en voiture avec Bull Desbiens et la victime. Le deuxième témoin, Jean-Noël Daley, dit aussi que Plamondon est resté sur place toute la soirée.

2e déclaration incriminante

Or, dans leur deuxième déclaration faite un mois plus tard, les deux témoins sont beaucoup plus explicites sur le fait que Colosse ne se trouvait plus dans le bar en fin de soirée et que ce dernier serait monté dans la voiture de Bull Desbiens avec la victime.

C’est seulement cette deuxième version qui a été présentée en preuve lors du procès.

Selon l’enquêteur au dossier à l’époque, Denis Alain, les deux témoins avaient été réinterrogés après l’arrestation de l’accusé. «L’intimidation, la peur, les menaces, on savait qu’ils ne nous disaient pas l’heure juste dans la première déclaration», a dit l’enquêteur.

Pression

Par la suite, un nouvel interrogatoire de Pierre Gaudreault, fait en 2013 au moment où l’accusé demandait un nouveau procès, a été présenté au juge. Gaudreault revient sur ses deux déclarations faites 28 ans plus tôt.

L’homme, qui avait 19 ans en 1985, dit avoir eu de la pression des policiers. «Ils m’ont assez mis sur les nerfs ces deux-là [les enquêteurs] dans le temps.»

Trois décennies plus tard, il lâche à l’enquêteur: «Ils voulaient l’embarquer [...] ils ont mis le paquet», en parlant de Colosse.

Puis à propos de sa deuxième déclaration, il ajoute: «J’ai l’impression qu’ils ne voulaient pas le manquer et après la première [déclaration], ils le manquaient».

Yves Plamondon demande 35 M$ au Procureur général du Québec.

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