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L’agresseur sexuel d’une ado prétendait être somnambule

Michael Nguyen | Journal de Montréal

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Paul - stock.adobe.com

Un résident de la Montérégie qui prétendait souffrir de sexsomnie afin de justifier des attouchements sexuels sur une adolescente a échoué à convaincre un juge de son innocence, si bien qu’il prendra bientôt le chemin de la prison.

«Je n’en crois rien», a lancé le juge Serge Champoux, rejetant ainsi du revers de la main la défense présentée par Jean-Claude Jr Miclette lors de son procès au palais de justice de Granby.

Miclette, 52 ans, avait pourtant tout tenté afin d’être acquitté de contacts sexuels sur une jeune fille de 13 ans, en juin 2016.

À l’époque, le résident de Cowansville était un grand consommateur de drogue.

Le jour de l’événement, il avait invité une connaissance afin de se droguer à deux, et cette dernière avait amené sa fille avec elle.

C’est lorsque l’adolescente s’est endormie que Miclette en a profité pour lui faire des attouchements.

«[La jeune fille] se réveille brusquement, réalisant que l’accusé l’embrasse dans le cou et caresse ses seins sous son haut de pyjama, a noté le juge dans sa récente décision. L’accusé garde, selon elle, ses yeux fermés comme s’il dormait.»

Somnambulisme

Lors du procès, Miclette avait fait témoigner un psychiatre afin de tenter de convaincre la juge qu’il était somnambule, et qu’il faisait de la sexsomnie.

«Cela provoque alors des actions erratiques ou confuses, parfois primitives, et qui peuvent être en discordance avec les souhaits [...] ou la volonté de la personne qui les commet», a écrit le Dr Pierre Gagné dans son rapport.

Sauf que Miclette ne s’est pas aidé lors de son témoignage pour sa défense.

C’est qu’un vrai somnambule ne se rappelle pas des gestes posés lorsqu’il est dans cet état.

Or, l’accusé a dit se souvenir de ses gestes, mais qu’il s’agissait de contacts accidentels ou innocents.

Antécédent

De plus, le psychiatre a insisté pour dire que Miclette n’avait pas de penchants pédophiles, puisque ses dernières partenaires étaient toutes dans la quarantaine.

Sauf qu’en l’an 2000, Miclette a été condamné à six mois de prison pour des contacts sexuels sur une adolescente de moins de 14 ans.

«Je suis incapable d’attribuer une valeur quelconque à cette expertise», a finalement tranché le juge, en concluant au regard de toute la preuve que Miclette avait bel et bien commis des attouchements sur l’ado en profitant du fait que la mère était fortement intoxiquée, si bien qu’elle ne risquait pas d’intervenir.

Miclette, qui est présentement en liberté sous caution, reviendra à la cour le mois prochain pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.

Compte tenu de la peine minimum d’un an pour les contacts sexuels, Miclette est assuré d’être condamné à la prison.