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Le leadership de Scheer tient bon pour l'instant

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le chef conservateur Andrew Scheer a admis que le message de sa campagne n’a pas toujours résonné chez les électeurs canadiens, mercredi, au terme d’une première rencontre post-électorale avec son caucus qui s’est étalée sur sept longues heures.

«Nous avons remporté plus de sièges, gagné le plus de votes et élu la plus grosse opposition officielle de l’histoire du Canada, mais on s’attendait à beaucoup plus», a-t-il dit en sortant de la rencontre au cours de laquelle députés et sénateurs en avaient visiblement long à dire.

Au terme de ce qu’il a qualifié de «discussions franches», M. Scheer s’est présenté comme étant la personne étant «la plus déçue» du résultat du scrutin. Il s’est empressé d’ajouter qu’il était aussi «le plus impatient» de s’améliorer, assurant bénéficier du soutien de son caucus.

Le chef, dont le leadership a été attaqué de toute part ces dernières semaines, a mandaté l’ex-ministre conservateur John Baird d’effectuer un examen approfondi des bons et mauvais coups de la campagne conservatrice.

«Toutes les personnes qui étaient impliquées dans la campagne seront [passées en revue], tous les rôles. On va prendre les décisions une fois qu’on aura toute l’information», a-t-il ajouté.

Plusieurs membres conservateurs croisés à leur arrivée à la rencontre de mercredi s’attendaient pourtant à ce que M. Scheer annonce qu’il allait apporter des changements dans sa garde rapprochée.

«Est-ce que M. Scheer peut, dans une prochaine campagne, être meilleur? Ma réponse est oui. Est-ce qu’il peut être meilleur avec l’équipe qu’il avait au "war room"? La réponse est non», a notamment lancé le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

D’autres sont récemment allés plus loin dans leurs critiques en réclamant le départ de M. Scheer à la tête du parti. Ce dernier sera soumis à un vote de confiance en avril, au congrès national du parti.

«Tout au long de ma campagne, les électeurs de ma circonscription ont exprimé des inquiétudes au sujet de notre chef», a admis le député de Calgary Signal Hill, Ron Liepert.

Certains conservateurs québécois estiment que c’est la position de M. Scheer sur l’avortement qui lui a surtout nui, lui qui est pro-vie dans ses convictions personnelles.

«Notre message en est un d’inclusion et de respect envers tous les Canadiens sans égard à leurs origines, religion et orientation sexuelle», a répondu le chef mercredi, ajoutant que ce «message» n’avait toutefois pas été bien transmis et reçu.