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Une mère endeuillée et en colère demande des comptes à la coroner

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Une mère endeuillée a sévèrement blâmé, mercredi, le centre de thérapie où sa fille est morte d’une surdose d’opioïdes, à la conclusion de l’enquête publique du coroner sur la mort de celle-ci.

«Je suis choquée. J’ai de la peine. Je vis toutes sortes d’affaires», a laissé tomber Céline Hamel, au bord des larmes mercredi.

Mme Hamel a fait un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2016, et ne comprend pas qu’on ait laissé sa fille sortir sans supervision du centre de thérapie pour qu’elle se rende à son chevet. Elle croit que cette « erreur » a mené à son décès.

En décembre 2016, Lyndia Hamel séjournait à la maison Carignan, à Trois-Rivières, sur ordre du tribunal, parce qu’elle était accusée de vol de médicaments dans une pharmacie.

Droit de sortie

Elle a obtenu le droit à une sortie exceptionnelle pour aller voir sa mère à l’hôpital.

Deux jours lui ont alors été accordés, les 24 et 25 décembre 2016, au cours desquels elle a fait une rechute.

Pressée de questions à son retour au centre, Lyndia Hamel a admis avoir consommé. Les intervenants lui ont alors annoncé qu’elle retournerait sûrement en prison le lendemain parce qu’elle avait brisé ses engagements.

La femme de 21 ans a exprimé des propos suicidaires. Elle a été retrouvée morte dans son lit le lendemain matin.

Il y avait une seringue souillée à côté d’elle et deux sachets : l’un contenait des résidus de cocaïne, l’autre, deux comprimés, dont un de 18 mg d’Hydromorph Contin, un puissant opioïde équivalant à environ 90 mg de morphine.

Céline Hamel, la mère de la défunte, s’est fait entendre pour la première fois au tribunal mercredi, à la dernière journée de l’enquête publique de la coroner Andrée Kronström sur ce décès.

Vulnérable

«Est-ce que c’est logique d’envoyer un enfant qui est en thérapie, vulnérable, voir sa mère à l’hôpital, tout seul?» a-t-elle lancé.

Elle estime que le risque de rechute était trop grand, vu la charge émotive des événements.

«La logique, c’est de l’accompagner. Qu’elle vienne me voir et qu’elle retourne tout de suite au centre», a-t-elle ajouté, entre la peine et la rage.

La coroner Andrée Kronström, qui a écouté plusieurs témoignages relativement à cette affaire, fera des recommandations dans son rapport, à suivre dans les mois à venir.

Plus d’employés par bénéficiaires et de meilleures formations font partie de ce qui lui a été suggéré, tout comme plus de pouvoir lors des fouilles, notamment le droit à la palpation au corps.

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