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26 000 pilules de méthamphétamine «destinées» à des étudiants saisies

Jonathan Tremblay | Le journal de Montréal

Pas moins de 26 000 pilules de méthamphétamine « probablement destinées » à être vendues dans des cours d’école de la Montérégie ont été saisies par la police lundi soir.   

« Les quantités sont éloquentes », a lancé l’inspecteur René Beauchemin, de la police de Saint-Jean-sur-Richelieu, au sujet des résultats d’une opération qui a débuté il y a cinq mois, à partir d’informations du public.    

  

Au total, 26 000 comprimés de méthamphétamine, 3,5 kg de cocaïne, 1 lb de cannabis, 62 000 $ et 200 comprimés divers ont été saisis lundi soir, en majeure partie dans un entrepôt de Bedford et dans une résidence de Saint-Jean-sur-Richelieu.    

La valeur de ces deux perquisitions est évaluée à plus de 283 000 $, selon le groupe OCTO, une équipe dédiée aux crimes liés au trafic de stupéfiants. Dans le lot, c’est le nombre de pilules qui a retenu l’attention des autorités.    

« Ces stupéfiants étaient fort probablement destinés à être revendus aux élèves du Grand-Saint-Jean », précise l’inspecteur Beauchemin.    

Ce dernier rappelle qu’il y a une forte tendance à la production de drogues de synthèse au Canada en ce moment, « et le Québec n’y échappe pas ».   

Un lot de 26 000 comprimés de méthamphétamine a été saisi.

Photo Jonathan Tremblay

Un lot de 26 000 comprimés de méthamphétamine a été saisi.

Pas cher  

« Ce n’est pas cher à fabriquer, et les adolescents achètent ça à 2 $ l’unité. C’est donc alléchant pour le crime organisé », explique-t-il, espérant que cette frappe causera un vide, durant une certaine période, dans les cours d’écoles secondaires de la région.    

Ces méthamphétamines, produites dans des laboratoires clandestins, sont d’une dangerosité inouïe, insiste la police.   

« La composition chimique peut varier d’une pilule à l’autre. Ça peut avoir des conséquences néfastes quand un jeune en consomme », renchérit le sergent Jérémie Levesque.    

L’opération de lundi a mené à l’arrestation de trois individus.    

Gilles Noiseux, 67 ans, Alain Beaudry, 55 ans, et Judy Dickson, 42 ans, ont comparu mardi, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu, sous 11 chefs d’accusation en matière de trafic de stupéfiants, de possession d’argent provenant de la criminalité et de possession d’armes à feu.   

Trois des quatre trafiquants allégués; Alain Beaudry, Gilles Noiseux et Judy Dickson.

Trois des quatre trafiquants allégués; Alain Beaudry, Gilles Noiseux et Judy Dickson.

 Les accusés possédaient trois armes, soit deux de calibre 12 et un pistolet 9 mm, d’après la police.    

 Liés aux Hells  

 Selon l’inspecteur Beauchemin, Noiseux « semblait être à la tête » de ce petit groupe de trafiquants, fort possiblement lié aux Hells Angels, « car il n’y a pas personne qui fait du trafic sans la moindre affiliation ».    

 Le sexagénaire était d’ailleurs connu des autorités et avait des antécédents en la matière.   

Plusieurs dizaines de milliers de dollars ont aussi été saisis.

Photo Jonathan Tremblay

Plusieurs dizaines de milliers de dollars ont aussi été saisis.

Une quatrième personne devrait être arrêtée et comparaître sous peu dans cette affaire.    

Il s’agissait de la deuxième frappe d’envergure du groupe OCTO de la police de Saint-Jean-sur-Richelieu en 2019. En mai dernier, les limiers ont arrêté un trentenaire qui avait commercialisé sa propre marque de produits illégaux.