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Ce patron québécois proposera à ses employés d’habiter en Ontario

Francis Halin | Le Journal de Québec

PHOTO COURTOISIE

Un haut dirigeant de Trans-West prévoit établir sa quinzaine de nouveaux chauffeurs européens en Ontario plutôt qu’au Québec, pour éviter que le gouvernement Legault lui mette des bâtons dans les roues.

« Je vais les inviter à déménager l’autre côté de la frontière, en Ontario, et ça va devenir des citoyens ontariens, et le Québec va se priver de tout ce monde-là », s’est désolé Pascal Gaudet, vice-président gestion des routiers de la québécoise Trans-West, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 100 millions $.

Hier, Québec a mis de l’eau dans son vin en donnant un droit acquis aux travailleurs étrangers déjà installés ici pour qu’ils puissent continuer de se qualifier au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), ce qui est loin de régler le problème, selon M. Gaudet.

« J’ai une quinzaine de chauffeurs de camion européens en processus d’embauche que je ne pourrai pas faire venir ici avec les nouvelles règles du 1er novembre dernier », a déploré M. Gaudet de Trans-West, qui a son siège social à Montréal.

En gros, même s’il manque plus de 4045 camionneurs au Québec, dont plus de 750 à Montréal seulement, selon Camo-Route, la métropole n’est plus considérée comme étant en pénurie... et est donc exclue du PEQ, qui donne un accès rapide à la citoyenneté.

Or, sans cette voie rapide, Pascal Gaudet va suggérer aux chauffeurs en cours de recrutement de déménager en Ontario, où il a une antenne... plutôt qu’au Québec.

Fait français

Ce qui irrite au plus haut point Pascal Gaudet, c’est que l’on s’apprête à renoncer à des milliers de travailleurs francophones, alors que le Québec lutte pour faire vivre le fait français au travail.

« On fait venir des Français, francophones de naissance comme nous, et dans bien des cas avec un meilleur français que nous, et le gouvernement nous bloque », s’insurge-t-il.

Un constat partagé par Benoit Therrien, président de Truck Stop Québec. « Si le Québec par ses décisions politiques veut se priver d’employés qui gagnent plus de 50 000 $ par année, l’Ontario, elle, les accueillera avec plaisir », a-t-il partagé.

« À quoi servent les “Journées Québec” et toutes ces politiques de recrutement à l’international ? On jette de l’argent par les fenêtres ? » s’est demandé à son tour l’avocat spécialiste de la question Alexandre Hénaut, de Wellstein Mora Rodriguez International s.a.

De son côté, le directeur général de Camo-Route, Bernard Boulé, n’a pas manqué de souligner que les entreprises québécoises payent une petite fortune pour attirer sous leur giron ces travailleurs.

« Les coûts sont énormes pour recruter à l’international. On parle de 10 000 $ ou 15 000 $ par chauffeur avant même qu’ils aient commencé à travailler. C’est très dispendieux comme processus pour les entreprises », a-t-il rappelé.

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