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Comment dire à ses parents qu’ils sont un danger au volant?

Antoine Lacroix | Le Journal de Montréal

De plus en plus de Québécois doivent accompagner un proche aîné pour qu’il laisse tomber son permis de conduire, ce qui s’avère une étape difficile pour la majorité d’entre eux, révèle un sondage de CAA-Québec.

« C’est un enjeu de société qui touche beaucoup de monde, soutient Pierre-Olivier Fortin, porte-parole. C’est difficile d’avoir la discussion pour arriver à ce que quelqu’un renonce à la conduite. »

Selon un sondage mené par CAA-Québec, les aînés n’ont pas la cote sur les routes, alors que deux Québécois sur trois estiment que les aînés représentent un problème de sécurité.

Par ailleurs, quatre Québécois sur 10 ont déjà eu à composer avec un membre de leur famille aîné qui a dû dire adieu à la conduite. Or, pour 63 % de ces gens, l’expérience s’est avérée pénible. 

« Le permis de conduire est synonyme d’autonomie, pour beaucoup de personnes ça demeure une fierté de l’avoir. Le fait de l’enlever, c’est une situation dramatique. Mais lorsque la sécurité de la personne et des autres est compromise, il faut agir », explique M. Fortin. 

Certains répondants auraient souhaité avoir plus de soutien dans cette étape, puisqu’il peut être difficile d’arriver à faire réaliser à une personne que sa conduite est problématique. 

Discussion optimale

CAA-Québec estime qu’il faut faire preuve d’empathie envers l’aîné qui présente des difficultés derrière le volant afin que la discussion se déroule de manière optimale (voir plus bas). 

« On veut s’allier avec la personne. Passer le ciseau dans le permis de conduire, ce serait contre-productif et ça créerait des tensions », fait valoir M. Fortin.

Un bon moyen pour rassurer la personne concernée par la perte du permis de conduire est de présenter des solutions.

« Dans les grands centres, c’est facile de rester mobile grâce aux transports en commun. Mais en région, c’est beaucoup moins évident », rappelle-t-il.

Peu impliqués dans les accidents

Notons que, selon le dernier bilan routier de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), les 75 ans et plus ont été impliqués dans seulement 3,9 % des accidents de la route, et la grande majorité de ces accidents ont causé des dommages matériels seulement. 

Les 25-34 ans ont été impliqués dans le plus grand nombre d’accidents.

Une conversation difficile à avoir

Démontrer de l’empathie, ne pas confronter la personne

Avoir une liste d’exemples de comportements problématiques

Proposer des compromis (ne pas conduire le soir, dans les heures de pointe, sur l’autoroute, etc.)

Avoir des solutions pour éviter que le conducteur perde son autonomie

Demander l’avis d’un médecin

L’aide des proches est essentielle

Il est possible de faire un signalement confidentiel à la SAAQ

Les signes à observer

Problème de réflexes (difficultés à actionner les pédales, à vérifier les angles morts, etc.)

Respecte moins le Code de la sécurité routière

Tendance à se perdre ou à être désorienté

Se fait souvent klaxonner par les autres conducteurs

Implication dans des accidents 

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