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Des libéraux veulent une voix forte pour le Québec

Émilie Bergeron | Agence QMI

Plusieurs libéraux du Québec sont d’avis que la présence de représentants de la Belle Province doit être renforcée dans les sphères décisionnelles du gouvernement fédéral.

«Je suis de ceux qui croient qu’il va falloir y avoir un lieutenant au Québec», a lancé jeudi le député défait dans la circonscription de Saint-Jean, Jean Rioux, à sa sortie de la première rencontre du caucus de Justin Trudeau depuis sa réélection.

Reportés à la tête d’un gouvernement minoritaire, les libéraux ont perdu cinq sièges au Québec plutôt que d’y faire les gains espérés. Pendant ce temps, le Bloc québécois a gonflé ses rangs, passant de 10 à 32 élus.

«Le Canada est un immense pays avec des dynamiques qui sont différentes. Donc je pense que c’est important d’avoir quelqu’un qui porte le message au Québec», a ajouté M. Rioux au terme de la rencontre qui a duré environ deux heures.

Plusieurs autres libéraux croisés sur la colline parlementaire ont soutenu qu’une place de choix doit être réservée au Québec, mais se sont gardés de s’exprimer sur les façons d’y parvenir.

Pas de décision prise

Le premier ministre Justin Trudeau, qui dévoilera son conseil des ministres le 20 novembre, pourrait décider de ramener la fonction de lieutenant du Québec. Il pourrait aussi choisir de s’entourer de davantage de Québécois dans sa garde rapprochée.

Le chef libéral a indiqué que sa décision n’avait pas été prise, jeudi. «On est en train de prendre un moment de réflexion pour bien entendre ce que les Canadiens nous ont envoyé comme message, mais aussi pour s’assurer qu’on puisse avancer [...] en répondant aux choix des gens qui ont choisi différents partis pour les représenter à la Chambre des communes», a-t-il dit.

Le ministre sortant du Patrimoine, Pablo Rodriguez, s’est contenté de dire que le choix revient au premier ministre. «Ce qui est important, c’est qu’il y ait des Québécois forts qui connaissent bien le Québec et qui le représentent bien autour des tables de décision», s’est-il malgré tout avancé.

Exercice d'humilité

François-Philippe Champagne, ministre de l’Infrastructure à la fin du premier mandat de M. Trudeau, a insisté sur l'importance pour l'équipe libérale de faire preuve d’humilité.

Plusieurs députés ont par ailleurs souligné que les libéraux comptent beaucoup moins de représentants des milieux ruraux du Québec dans leurs rangs. «C’est très Montréalais comme parti», a convenu Diane Lebouthillier, réélue dans la circonscription de Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine.

Tendre la main à l'Ouest

Des députés défaits de l’Alberta et de la Saskatchewan, où les libéraux ont été complètement rayés de la carte électorale, étaient aussi présents à la table de discussions jeudi. Plusieurs se sont dits préoccupés par la question de l’unité nationale.

«Une façon d’avancer est de continuer de souligner l’importance du pétrole et des hydrocarbures pour l’Alberta et le Canada, et comment ce secteur a contribué aux possibilités qu’ont chaque Canadien», a dit Amarjeet Sohi, ministre des Ressources naturelles qui perdu son siège dans les Prairies.

- Avec Michelle Lamarche, TVA Nouvelles