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Manque de jugement d'un policier dans une zone scolaire?

Maxime Deland

 - Agence QMI

Un citoyen de Saint-Eustache dénonce le «grand manque de jugement» d’un policier de sa municipalité qui circulait bien au-delà de la limite de vitesse permise en pleine zone scolaire et qui aurait mis selon lui la vie de nombreux écoliers en danger, mercredi matin.

«Il est passé à côté de nous avec le gaz au fond. C’était si intense que j’ai même pensé appeler la police! Mais je ne l’ai pas fait, pour des raisons évidentes», a déploré ce père de famille de Saint-Eustache, qui a préféré conserver son anonymat.

L’homme s’apprêtait à déposer ses enfants à l’école primaire Arc-en-Ciel, rue Primeau, lorsque l’incident s’est produit.

La scène a été filmée par la caméra installée sur le tableau de bord du véhicule du père de famille. Les images qu’il a transmises à scoop@tva.ca parlent d’elles-mêmes.

On aperçoit l’auto-patrouille, sirène et gyrophares en fonction, filer sur la rue Primeau, tandis que plusieurs parents et enfants se trouvent sur les trottoirs en bordure de l’école.

La police répondait à un appel pour un homme de 76 ans en détresse respiratoire, dans une résidence située à quelques centaines de mètres de l’école.

«C’était le pire moment pour passer à cet endroit, la cloche était sur le point de sonner et il y avait des enfants partout. Je crois qu'aucune urgence ne devrait justifier un tel risque envers les enfants», a laissé tomber le père de famille à l’origine de la vidéo controversée.

Plusieurs sources policières à qui l’Agence QMI a montré la séquence vidéo ont affirmé éprouver un «grand malaise» en voyant la vitesse à laquelle roule la voiture dans la zone scolaire, où la limite permise est de 30 km/h.

La police réagit

De son côté, la direction du Service de police de Saint-Eustache a pris connaissance de la vidéo et affirme que le comportement du policier «n’avait rien d’irresponsable».

«Les policiers s’en allaient sauver une vie et [rouler à cette vitesse] c’était le compromis à faire. Chaque seconde compte quand une vie est en danger», a dit en entrevue téléphonique le directeur adjoint du corps policier, François Bleau.

Ce dernier évalue à «environ 60 km/h» la vitesse de l’auto-patrouille, soit le double de la limite permise à cet endroit.

«C’est bien certain qu’on ne favorise pas ça, mais dans le cas présent, ça s’explique, a poursuivi M. Bleau. Je comprends que des parents pourraient être choqués en voyant les images, mais en revanche je suis convaincu que ces mêmes parents ont tous un père et ils aimeraient que les services d’urgence arrivent rapidement s’il était en danger de mort.»

Durant leurs cours en techniques policières, les futurs policiers se font souvent rappeler qu’en aucun temps ils ne doivent mettre la vie des citoyens en danger pour aller en sauver une autre; un enseignement que partage totalement le directeur adjoint de la police de Saint-Eustache.

«Bien humblement, on ne parle pas ici d’une vitesse folle et il ne roulait pas sur les trottoirs non plus. D’ailleurs tous nos policiers sont conscientisés face aux dangers dans les zones scolaires. La protection des enfants, c’est une priorité pour nous», a assuré François Bleau.

L’homme en détresse respiratoire chez qui les policiers se rendaient au moment des événements a été transporté à l’hôpital dans un état stable. Sa vie ne serait pas menacée.

Quant au policier au volant de l’auto-patrouille filmée par le citoyen, il ne fera l’objet d’aucune mesure disciplinaire, a fait savoir le directeur adjoint de la police de Saint-Eustache.