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«Colosse» Plamondon n’aurait pas souffert de ses 28 ans d’incarcération

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Stevens Leblanc

Fort de son «statut d’intouchable» et «fier» de son influence à l’intérieur du pénitencier, Yves «Colosse» Plamondon n’aurait pas souffert psychologiquement de ses 28 années de détention.

C’est du moins la conclusion que tire le psychiatre Joel Watts après avoir expertisé celui qui réclame 35M$ à l’État québécois pour trois meurtres qu’il a toujours nié avoir commis. Le Dr Watts avait rencontré Plamondon en décembre 2016 après avoir été libéré des accusations de triple meurtre, mais alors qu’il était incarcéré au Centre de détention de Québec pour un vol de banque commis en octobre 2015.

Selon ses conclusions, «Colosse» Plamondon n’a pas souffert de problème psychiatrique en lien avec son incarcération. Les traits de personnalité narcissique et antisociale se sont développés très jeunes chez le délinquant chez qui l’expert a aussi décelé des «difficultés cognitives significatives».

Vie en prison

Dans son rapport, l’expert revient sur les nombreux crimes de «Colosse» dont la criminalité a débuté à 13 ans par des vols. Avant même d’être adulte, le délinquant avait été condamné à une peine de prison fédérale. Même s’il n’avait pas été arrêté et incarcéré à partir de 1985 pour un triple meurtre, le Dr Watts a évalué qu’il était «fort probable» que «Colosse» ait été incarcéré sur une longue période de temps pour d’autres crimes.

Il y a notamment ses nombreuses frasques en prison dont plusieurs tentatives d’évasion, le contrôle de drogue intramurale et des complots pour introduire des armes, voir de la dynamite.

Le détenu a montré une «fierté» liée à son «statut d’intouchable» à l’intérieur des murs. Même incarcéré, il était vu comme un «caïd» à la tête d’un groupe, «le clan Plamondon».

«Colosse» a cependant perdu cette influence à sa sortie de prison, lui qui se disait «craintif» et perdu après sa libération en 2014.

Peu de remords

Après évaluation, le Dr Watts indique que «Colosse» Plamondon ne peut pas être qualifié de psychopathe même si plusieurs traits, dont la surestimation de soi, le mensonge et l’absence de remords caractérisent sa personnalité. D’ailleurs, l’homme de 69 ans s’est très peu ouvert quand il a été questionné sur les trois victimes de meurtre, se disant gêné d’avoir été trouvé coupable parce que «les victimes avaient peut-être des familles».

Parmi les dommages que dit avoir vécu, Yves Plamondon soulève qu’il n’a pu fonder une famille en raison de sa détention. Or, le psychiatre a relevé que le détenu n’a eu que deux contacts avec sa fille pendant toute son incarcération.

Le procès civil se poursuit lundi avec le témoignage de René de la Sablonnière, actuel juge de la Cour du Québec, qui était en 1985, procureur au dossier.