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La CSD veut forcer des travailleurs à payer leur part de la dette

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

Près de quatre ans après la fin du lock-out des concessionnaires automobiles, une importante lutte judiciaire se prépare au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La Centrale des syndicats démocratiques (CSD) veut forcer les travailleurs qui ont choisi de quitter leur syndicat pour un autre, à payer leur part de la dette, même si elle a été remboursée en totalité.

TVA Nouvelles a appris que l'organisation confirmera samedi aux membres du Syndicat des employés de garage du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui seront réunis en assemblée générale, qu'elle va de l'avant avec sa poursuite judiciaire.

«Ça fait 38 ans que je suis dans le monde syndical et je n'ai jamais vu une pareille traîtrise», a lancé celui qui pilote le dossier pour la CSD, Serge Tremblay.

Le syndicaliste de longue date s'impatiente. C'est la première fois qu'il accepte de commenter le dossier publiquement.

Il veut se battre pour forcer 28 travailleurs à payer leur part de la dette de six millions de dollars.

Une somme que les employés de garage ont accepté d'emprunter à l'unanimité selon la poursuite, pour subvenir à leurs besoins pendant le long conflit qui s'est échelonné sur trois ans.

On réclame 24 000 $ à chacun des 28 travailleurs qui ont quitté la CSD pour la FTQ.

«On ne fait pas ça quand on est solidaire d'un projet et d'une lutte, soutient M. Tremblay. La CSD, peu importe le temps que ça prendra, a pour objectif de faire en sorte que ces derniers soient au même rendez-vous que tous les autres et qu'ils assument leurs responsabilités.»

La CSD garde le cap par principe, mais aussi parce que l'issue de cette bataille judiciaire risque d'avoir des répercussions majeures dans le monde syndical.

L'Union des opérateurs et employés de service du Québec, qui représente aujourd'hui les 28 travailleurs, n'a pas l'intention de régler la dette à la place de leurs membres, mais son président, Yves Imbeault, a assuré à TVA Nouvelles qu'ils ont tout le soutien nécessaire pour préparer leur défense et leur argumentaire.

Les parties ont rendez-vous devant le tribunal le printemps prochain.