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Le Québec est «mieux préparé que jamais» pour affronter une récession

TVA Nouvelles

Avec une réserve de stabilisation qui atteint les 12 milliards $, le Québec est «mieux préparé que jamais» pour faire face à un éventuel ralentissement de l’économie mondiale, selon le fiscaliste Luc Godbout.

La santé financière du Québec est excellente, diagnostique le professeur et fiscaliste de renom, mais il ne faudrait pas trop s’emballer parce que la province produit au-dessus de son potentiel économique, si bien que sa croissance continue d’être supérieure que celle du Canada.

«2018, 2019 et 2020, le Québec a une croissance économique réelle supérieure au Canada. Trois années consécutives. Il faut reculer assez loin pour voir ça», note-t-il.

Le revirement de situation des finances publiques québécoises est d’ailleurs «spectaculaire», selon le fiscaliste. «Entre le milieu des années 90 et aujourd’hui, c’est un changement spectaculaire», dit-il, rappelant que la province avait subi deux décotes et en risquait une autre.

Une décote signifie que l’emprunt s’accumule et que le taux d’intérêt augmente en raison de la faible confiance des agences de crédit. «C’est une spirale dans laquelle on ne veut pas être.»

Heureusement, la situation s’est redressée. Tellement que le Québec est mieux préparé que jamais pour affronter la prochaine récession, qui pourrait survenir plus tôt que tard.

«La dernière grande récession, en 2008, on avait à peu près 8 milliards de côté. Ça s’est épuisé rapidement et on aurait eu besoin du double, explique Luc Godbout. Là, on est rendu à 12 milliards de côté, mais c’est rare qu’on a des récessions aussi graves que celle de 2008. La prochaine pourrait être modeste et les 12 milliards $ pourraient facilement nous aider à passer à travers.»

Une prévision conservatrice?

Dans sa mise à jour économique de jeudi, le ministre des Finances Éric Girard a annoncé que l’État détenait un surplus de 1,4 milliard $, et ce, même s’il a dépensé 850 millions $ additionnels pour devancer certaines promesses comme le tarif unique en garderie et la bonification de l’allocation familiale.

 

C’est donc dire que durant l’année, le Québec a généré une nouvelle marge de manœuvre. Celle-ci peut aussi s’expliquer par l’hypothèse d’une cible d’équilibre budgétaire conservatrice lors du premier budget du ministre Girard en mars dernier, explique Luc Godbout.

«On peut comprendre parce que si le ministre annonce cinq années consécutives avec des surplus, il y a deux ministres qui gèrent les recettes et il y en a 25 qui veulent dépenser.»

C’est ce qui explique, selon le fiscaliste, le devancement de certaines promesses du gouvernement. «On a toujours tendance à dire qu’on tend vers l’équilibre budgétaire et non pas montrer des surplus excédentaires. On a devancé des gestes justement pour diminuer les surplus qu’on aura l’année prochaine.»

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