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«On a besoin d’aide» : Une mère de famille d’accueil a lancé un message à la Commission Laurent

TVA Nouvelles

Au Québec, 2 500 familles d’accueil ouvrent leur porte à 5 000 enfants et Geneviève Rioux fait partie de ce chiffre.

La mère de famille et présidente de la Fédération des familles d’accueil et des ressources intermédiaires croit que la DPJ ne fournit pas assez d’informations essentielles sur les enfants dont elles ont la garde.

Mère d’une famille composée de 10 enfants, dont 3 biologiques et 7 enfants confiés par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Geneviève Rioux a témoigné aujourd’hui dans le cadre de la commission Laurent.

«Au niveau des intervenants, il faut un soutien. On est des personnes de cœur qui désirent adopter pour le bien et le besoin des enfants, mais on n’a pas nécessairement la formation requise pour faire face aux traumas vécus par les enfants» explique Mme Rioux en entrevue à LCN.

Les traumatismes différent d’un enfant à l’autre, ce qui force la famille à s’adapter et à suivre des formations diverses, d'après la dame. Selon l’expérience de madame Rioux, ce sont des enfants qui peuvent faire beaucoup de crises et qui demandent beaucoup d’énergie.

«J’ai déjà vécu une ‘’crise du bacon’’ qui a duré 4 heures en pleine nuit» cite-t-elle en exemple.

La mère de famille rappelle que son rôle lui proscrit de toucher les enfants en cas de crise, de quelque manière que ce soit. D’après elle, ils n’ont aucune autre possibilité que d’attendre que ça passe.

On a des obligations, on ne peut pas les toucher. On n’a aucune possibilité sauf d’attendre que ça passe.

«Parfois ce sont des situations qui durent pendant des jours. C’est difficile au quotidien et on a besoin d’outils et d’une personne qui prend la relève.

Un passé inconnu

Lorsqu’un enfant est confié à une famille d’accueil, aucune information n’est divulguée par rapport à son passé ni même à ses traumatismes, selon le principe de la confidentialité.

«Si on veut bien s’adapter aux besoins des enfants, une certaine collaboration est nécessaire» croit madame Rioux.

Cette non divulgation est parfois même perçue comme un manque de confiance envers les familles d’accueil, toujours d’après la mère de famille.

«On est censé être un partenaire. Aidez-nous à aider les enfants, on a tous le même objectif» lance t-elle.

Peur des voleurs?

«Que va-t-on faire si un voleur vient?» s’est demandé l’un des enfants hébergés chez Geneviève Rioux.

Cette dernière croit alors que l’enfant fait référence à un voleur qui s’introduit dans un domicile pour y dérober des objets de valeur. Elle lui explique alors l’avantage des assurances dans l’optique d’un tel événement.

Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle réalisa que l’enfant parlait plutôt des intervenants de la DPJ qui se sont déplacés à multiples reprises à son domicile pour le transférer à une autre famille. C’était eux, «les voleurs».

«C’est mes enfants»

Don de soi? Devoir moral? Geneviève Rioux se dédie plutôt à sa famille d’accueil parce que ce sont «ses enfants» tout simplement.

Par contre, Geneviève Rioux a souhaité lancer un message dans le cadre de la Commission Laurent, soit que les familles d’accueil doivent être plus soutenues. Selon elle, il est nécessaire que les lois soient adaptées à la réalité et ce, pour le bien des enfants dont elles prennent soin.

Malgré tout, l’histoire de madame Rioux en est une fort heureuse.

«Tranquillement on accueille un, deux, trois enfants. Je n’ai jamais rêvé en avoir 10! Aujourd’hui je trouve ça parfait» conclut-elle.