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Jason Kenney s'attaque aux surplus du Québec

Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Le surplus budgétaire d'environ 4 milliards $ du Québec, dévoilé jeudi, n'a pas échappé au premier ministre de l'Alberta, qui en a profité pour remettre, à nouveau, en question le fonctionnement du programme de péréquation au pays.

Lors d'un long discours de plus d'une heure prononcé samedi à Red Deer, M. Kenney a fait état du sentiment d'injustice qui galvanise les provinces de l'Ouest. Il a aussi dressé un portrait sombre de l'état de sa province, où l'économie s'est contractée au cours des cinq dernières années, générant un accroissement du taux de criminalité, a-t-il affirmé.

Ces difficultés ont forcé le gouvernement albertain à faire des choix difficiles. «Pendant qu'on fait ça, nos amis au Québec ont eu 4 milliards $ en surplus, tout en recevant 13 milliards $ en paiements de péréquation, générés avant tout avec les taxes albertaines», a-t-il dénoncé devant l'assistance du centre de conférence Manning.

Le premier ministre progressiste-conservateur a souligné la volonté de son homologue, François Legault, de mettre fin à la dépendance du Québec aux paiements de péréquation.

«Mais il m'a dit que ça prendrait un long moment pour atteindre cet objectif. J'ai blagué avec lui. Je lui ai dit "François, tu me rappelles Saint Augustin qui a écrit dans ses Confessions, juste après sa conversion: Dieu, accordez-moi la chasteté, mais pas tout de suite"», a poursuivi M. Kenney, générant quelques rires dans l'assemblée.

M. Kenney est également revenu sur le dossier de Ciment McInnis, établi à Port-Daniel après avoir obtenu le feu vert du gouvernement de Pauline Marois, alors qu'il abordait la question des freins à l'exportation des ressources pétrolières de l'Alberta.

«Le Québec a exempté des analyses environnementales une usine de ciment subventionnée en Gaspésie. En même temps, ce gouvernement a menacé de bloquer un projet d'oléoduc vers la côte est», s'est-il enflammé.

Un comité d'analyse

M. Kenney a annoncé, dans le cadre de son discours, la mise sur pied d'un comité qui analysera les façons, pour l'Alberta, d'obtenir une «entente équitable au sein de la fédération».

Ces analystes, qui consulteront des experts, mais aussi des citoyens lors de rencontres publiques, se pencheront sur divers dossiers, comme la possibilité de créer une police provinciale, de se retirer du Régime de pensions du Canada (RPC) et d'instaurer une déclaration d'impôts unique, à l'image de ce que réclame le Québec. Notons qu'en plus d'avoir déjà une force de police provinciale, la Belle Province est la seule au pays à ne pas prendre part au RPC.

Ce comité doit se concentrer sur des options qui ne nécessitent pas de rouvrir la constitution, ce qui exclut une réforme du programme de péréquation. Son rapport doit être remis au gouvernement d'ici le 31 mars.

Par ailleurs, M. Kenney s'est adressé aux Albertains qui appellent à la séparation de leur province. «Nous sommes tous d'accord. Le statu quo n'est pas acceptable, mais, pour moi et, je crois, pour la majorité des Albertains, abandonner le Canada pour toujours n'est pas la solution», a-t-il fait valoir, en se définissant comme un «patriote canadien».